Dans un contexte mondial marqué par des tensions économiques persistantes et des dynamiques de marché contrastées, Renault Group démontre une résilience stratégique en signant une progression globale de ses ventes de 1,3 % au premier semestre, atteignant 1 169 773 véhicules écoulés. Derrière ce chiffre, se cache une transformation en profondeur du modèle commercial du constructeur, davantage orienté vers la création de valeur que la recherche de volume.
Renault tire son épingle du jeu sur les marchés internationaux
Avec une croissance impressionnante de 16,3 % hors Europe, la marque Renault bénéficie pleinement des premiers effets de son « International Game Plan 2027 ». En Amérique latine, ses ventes grimpent de 24 %, portées notamment par le succès du modèle Kardian. L’Argentine enregistre une envolée de 96,7 %, tandis que le Maroc voit ses ventes bondir de 48 %. En Corée du Sud, Renault double presque son chiffre, enregistrant une progression de 150 % grâce au lancement de Grand Koleos.
Cette offensive internationale n’est pas anodine : aujourd’hui, 36 % des ventes mondiales de la marque se réalisent hors d’Europe, consolidant son statut de première marque automobile française à l’échelle mondiale.
Clio, Sandero et Duster : les piliers d’une croissance européenne maîtrisée
En Europe, où le marché global des véhicules particuliers affiche un recul d’1 %, Renault Group parvient à progresser de 5,4 % avec plus de 708 000 immatriculations. Clio s’impose comme le véhicule le plus vendu tous canaux confondus, tandis que Sandero conserve son trône de voiture préférée des clients particuliers depuis 2017. Dacia, malgré un léger repli global (-0,7 %), maintient sa position sur le podium européen des ventes aux particuliers, avec une progression notable de son offre électrifiée.
Sur les véhicules utilitaires, la donne est plus complexe. La marque Renault recule de 29 %, impactée par une offre encore incomplète (notamment le renouvellement de Master et la fin de vie de l’Express), mais reste solidement accrochée à sa deuxième place sur le marché européen.
L’électrification au cœur de la stratégie
Le pari de la transition énergétique porte ses fruits. Au premier semestre 2025, près de 44 % des véhicules vendus par le Groupe sont électrifiés, dont 12,3 % sont 100 % électriques. Renault devient le deuxième acteur européen sur le marché de l’hybride, avec une croissance de 36,2 % des ventes HEV. Le modèle Renault 5 E-Tech s’impose comme leader sur le segment B électrique, tandis qu’en France, Renault se hisse au sommet du marché électrique.
Chez Dacia, l’électrification gagne du terrain. Les véhicules hybrides représentent désormais 17,2 % des ventes, tirés par le succès du Duster. Quant à Alpine, 76 % de ses ventes sont électriques, propulsées par l’A290, élue « Car of the Year 2025 ».
Une approche pragmatique du marché
Renault Group ne cherche pas à écraser la concurrence par les volumes, mais à consolider sa rentabilité. Plus de 56 % des ventes sont orientées vers les particuliers, canal le plus rémunérateur. Son mix de ventes sur ce segment dépasse de 15 points la moyenne du marché. Mieux encore : les valeurs résiduelles des véhicules Renault et Dacia surpassent celles des concurrents européens de 4 à 13 points.
Un second semestre prometteur
Les perspectives pour le reste de l’année s’annoncent dynamiques. Renault prévoit le lancement de sept nouveaux modèles dont la très attendue Renault 4 E-Tech et le Dacia Bigster, ainsi que deux restylages stratégiques (Austral et Espace). Sur les marchés internationaux, le Boreal amorcera son déploiement dans plus de 70 pays, renforçant la présence du Groupe au-delà des frontières européennes.
Ce premier semestre confirme la transformation en profondeur du Groupe, qui parvient à conjuguer innovation, maîtrise des coûts, montée en gamme et réponse aux exigences écologiques. Renault Group ne se contente plus de suivre la tendance, il entend la devancer.

