Le directeur général de Renault, Luca de Meo, a annoncé son départ de la tête du constructeur automobile français, avec une date de fin de mission fixée au 15 juillet 2025. En poste depuis 2020, l’homme fort du redressement du Losange aurait choisi, selon Le Figaro, de rejoindre le groupe de luxe Kering en tant que directeur général, un mouvement aussi inattendu que stratégique.
La nouvelle, confirmée par Renault dans un communiqué publié le dimanche 15 juin, a fait l’effet d’un choc dans l’univers du CAC40. En cinq années, Luca de Meo aura marqué de son empreinte un groupe encore ébranlé par les répercussions de l’affaire Carlos Ghosn. Son départ, bien que préparé en interne à travers un plan de succession déjà amorcé, laisse en suspens l’avenir du constructeur à un moment clé de son repositionnement industriel.
Luca de Meo avait pris les rênes de Renault dans un contexte délicat : un climat social tendu, des ventes en chute libre et une alliance avec Nissan fragilisée. Grâce à une stratégie centrée sur l’innovation, la montée en gamme et l’électrification accélérée de l’offre, il a réussi à remettre le groupe sur les rails de la croissance. La rupture assumée avec l’héritage de l’ère Ghosn et le recentrage sur les marques cœur ont permis à Renault de se stabiliser, bien que de nombreux défis subsistent, notamment face à la concurrence asiatique et à la pression sur les coûts.
Son probable transfert vers Kering illustre une rare passerelle entre l’univers de l’automobile et celui du luxe. Si le groupe dirigé par François-Henri Pinault n’a pas encore confirmé l’information, plusieurs sources affirment que Luca de Meo viendrait succéder à Jean-François Palus dans un contexte de crise. La maison mère de Gucci peine à renouer avec sa dynamique d’antan, confrontée à une baisse de performance de ses marques emblématiques.
Ce changement de cap, à la fois personnel et professionnel, s’inscrit dans une logique de transformation pour les deux géants que sont Renault et Kering. À 58 ans, Luca de Meo semble prêt à relever un nouveau défi, dans un secteur où l’image, le prestige et la narration de marque sont au cœur des enjeux. En dépit du silence de Kering, le profil du dirigeant, expert du marketing et de la stratégie de marque, correspond à l’ambition de refonte affichée par le groupe de luxe français.
L’annonce ouvre désormais une période d’incertitude mais aussi d’opportunités pour Renault. Le choix de son successeur sera crucial pour maintenir l’élan de transformation engagé. Le départ de Luca de Meo ne signe pas seulement la fin d’un mandat, mais marque un basculement stratégique à la croisée de deux industries majeures.


