Renault Group a annoncé, le 1er juillet 2025, une révision majeure de sa méthode comptable concernant sa participation dans Nissan. Ce changement, effectif à partir du 30 juin, entraînera une perte estimée à 9,5 milliards d’euros, sans conséquence sur les flux de trésorerie ni sur les dividendes versés aux actionnaires. La décision traduit une volonté d’aligner la comptabilité du Groupe sur les standards de transparence boursière tout en préservant les synergies opérationnelles avec son partenaire japonais.
Une réévaluation alignée sur la réalité du marché
Jusqu’ici, la participation de Renault dans Nissan était traitée selon la méthode de mise en équivalence. Désormais, elle sera reclassée en tant qu’actif financier, évalué à la juste valeur à travers les capitaux propres, calculée sur la base du cours boursier de Nissan. Concrètement, la valorisation sera désormais dictée par la performance de l’action Nissan en Bourse, et non plus par la part de résultat net du constructeur japonais. Ce réalignement comptable reflète l’évolution des relations de gouvernance entre les deux groupes et permet d’offrir une photographie plus fidèle de la valeur réelle de l’actif pour les investisseurs.
Une perte comptable, mais sans impact sur la stratégie ni les dividendes
La perte de 9,5 milliards d’euros — calculée sur la base d’un cours de 350 yens par action Nissan et d’un taux de change de 169 yens pour un euro — est avant tout un ajustement technique. Elle intègre également la sortie des réserves de conversion ainsi que des instruments de couverture liés à la participation. Cependant, cette perte n’entraîne aucun décaissement effectif et n’affectera pas le calcul du dividende. Il s’agit d’une réécriture des chiffres, sans incidence opérationnelle immédiate, qui ne remet nullement en cause les ambitions industrielles du groupe.
Une coopération stratégique intacte avec Nissan
En dépit de cet ajustement important dans les comptes, Renault insiste sur la solidité de son alliance avec Nissan. Les deux constructeurs poursuivent activement leurs projets communs, notamment dans le domaine de l’électrification, du développement logiciel et des plateformes industrielles. Des initiatives conjointes ont d’ailleurs été dévoilées en mars dernier, illustrant une volonté partagée de renforcer l’efficacité opérationnelle et la création de valeur mutuelle.
Ce repositionnement comptable ne doit donc pas être interprété comme un désengagement, mais plutôt comme une adaptation aux nouvelles réalités économiques et boursières. Renault Group démontre ainsi sa capacité à conjuguer rigueur financière et ambition industrielle dans un environnement international exigeant.

