La rentrée scolaire 2025-2026 au Maroc démarre ce lundi 8 septembre et concerne plus de 8,2 millions d’élèves à travers toutes les régions du Royaume. Sous le slogan « Pour une école de qualité », cette rentrée se distingue par une série de nouveautés pédagogiques et organisationnelles, mais aussi par la poursuite des grandes réformes inscrites dans la feuille de route 2022-2026. Derrière les chiffres, ce sont des millions de familles, d’élèves et d’enseignants qui vivent l’un des moments les plus importants de l’année.
Près de 7 millions d’élèves rejoignent l’enseignement public, confirmant son rôle central dans la démocratisation de l’accès à l’éducation, tandis que 985 000 enfants sont inscrits au préscolaire, dont deux tiers dans le public. Cette dynamique reflète la volonté des autorités de réduire les écarts sociaux et territoriaux, notamment dans les zones rurales où l’accès à l’école reste un défi quotidien.
Le programme des écoles pionnières poursuit son déploiement : 4 634 écoles primaires et 786 collèges en font désormais partie, après l’intégration de plus de 2 500 nouveaux établissements cette année. Sur le plan linguistique, une avancée majeure est annoncée : la généralisation de l’anglais à tous les niveaux du collège et l’enseignement de l’amazighe dans 50 % des écoles primaires. Ces choix traduisent une volonté d’ouvrir l’école marocaine à la diversité linguistique et aux exigences d’un monde globalisé.
Mais les ambitions se heurtent encore à des réalités bien ancrées. Dans de nombreuses écoles, surtout en milieu rural, le manque d’équipements reste criant : sanitaires insuffisants, absence de bibliothèques, terrains de sport rares. Certaines classes dépassent encore les 40 élèves, un chiffre qui compromet la qualité des apprentissages. Le déficit d’enseignants continue également de poser problème, malgré le recrutement de milliers de nouveaux professeurs chaque année.
Le ministère de l’Éducation annonce en parallèle une réorganisation des examens. Le contrôle continu est désormais unifié et numérisé progressivement. Les épreuves de fin de cycle, de la 6ᵉ année primaire au baccalauréat, obéiront à un calendrier révisé pour assurer l’harmonisation nationale. Le baccalauréat 2026 sera entièrement digitalisé, de l’inscription à la correction, une première qui vise à renforcer la transparence et la fiabilité.
Au-delà des réformes structurelles, la rentrée scolaire reste pour les familles une période de lourdes dépenses. Les coûts liés aux manuels, aux fournitures et parfois aux uniformes représentent une charge conséquente, dans un contexte marqué par l’inflation. Ce poids accentue les disparités entre ceux qui font confiance à l’école publique rénovée et ceux qui, au prix d’efforts financiers importants, préfèrent orienter leurs enfants vers le privé.
La rentrée 2025-2026 accorde également une attention particulière aux élèves en situation de handicap, avec des classes adaptées et du matériel pédagogique spécialisé. La digitalisation des services scolaires se poursuit avec l’inscription en ligne, le suivi pédagogique et de nouveaux outils numériques. Toutefois, l’accès limité à Internet dans certaines régions retarde encore la pleine exploitation de ces avancées.
Les enseignants, de leur côté, attendent des réformes qui améliorent leurs conditions de travail, garantissent plus de stabilité et permettent un véritable accès à la formation continue. Quant aux parents, ils espèrent une école capable d’offrir à leurs enfants des apprentissages solides, mais aussi un espace d’épanouissement à travers le sport, la culture et les activités artistiques.
Entre ambitions et défis persistants, cette rentrée scolaire illustre la complexité d’une réforme éducative en profondeur. La massification de l’accès est réelle, la modernisation avance, mais la qualité et l’équité restent au cœur des préoccupations. Le chemin vers une école publique inclusive et performante est encore long, mais les étapes franchies cette année témoignent d’un effort soutenu pour rapprocher l’idéal de la réalité.

