Rentrée scolaire au Maroc
À la veille de la rentrée scolaire au Maroc, la même polémique ressurgit : plusieurs écoles privées continuent d’imposer aux familles l’achat des manuels scolaires et des fournitures directement auprès de l’établissement ou via un fournisseur imposé. Une pratique qui suscite colère et lassitude, car elle réduit la liberté de choix et gonfle le budget de rentrée déjà lourd pour les ménages.
L’Observatoire marocain pour la protection du consommateur dénonce des méthodes contraires à la loi 31.08 sur la protection du consommateur et à la loi 104.12 sur la liberté des prix et de la concurrence. Malgré des rappels répétés du ministère de l’Éducation nationale, l’interdiction de vendre des manuels dans les établissements reste largement ignorée. Les écoles justifient ce verrouillage par un souci « d’uniformité pédagogique » ou par des accords conclus avec certains distributeurs, des explications jugées insuffisantes par les associations.
Les conséquences dépassent le seul porte-monnaie des familles. Les librairies marocaines, dont près de 70 % du chiffre d’affaires dépend des manuels scolaires, voient une part essentielle de leur activité leur échapper. Ce détournement fragilise un secteur déjà précaire et menace des milliers d’emplois. Les libraires alertent aussi sur l’appauvrissement culturel qu’entraîne cette marginalisation : un livre acheté à l’école ne fait pas vivre les mêmes circuits que celui acheté en librairie, espace de savoir et de transmission.
Face à cette situation, les associations de consommateurs réclament un passage à l’action. Elles demandent des circulaires fermes, des sanctions effectives, des contrôles inopinés, mais aussi un numéro vert pour signaler les abus. Elles incitent les familles à recourir aux instances compétentes comme le Conseil de la concurrence afin de faire respecter leurs droits.
Au-delà des chiffres et des lois, c’est une question de principe : l’école ne peut pas être réduite à une boutique. Dans un contexte de flambée des prix, la rentrée devrait être un moment de préparation sereine, non un nouveau terrain de contraintes économiques imposées aux familles et de pertes pour les librairies.


