Le Parlement a adopté à l’unanimité, mardi, le projet de loi n° 026.25 relatif à la réorganisation du Conseil national de la presse, lors d’une séance plénière de la Chambre des conseillers marquée par un large consensus politique. Le texte a été voté en présence du ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, scellant une réforme attendue de l’organe chargé de l’autorégulation du secteur médiatique.
Ce vote intervient après l’approbation, la veille, du projet de loi en Commission de l’enseignement et des affaires culturelles et sociales, au terme de débats nourris. À travers cette adoption définitive, le législateur entend doter le Conseil national de la presse d’une architecture institutionnelle clarifiée et d’outils de gouvernance mieux adaptés aux réalités actuelles de la profession journalistique, dans un paysage médiatique en mutation rapide, marqué par le numérique, la diversification des supports et l’évolution des pratiques professionnelles.
Le texte consacre une refonte du cadre juridique encadrant l’autorégulation de la presse au Maroc. Il redéfinit les missions du Conseil, ses mécanismes internes de fonctionnement ainsi que les procédures de médiation et d’arbitrage, avec l’objectif affiché de renforcer la crédibilité de l’institution et son rôle dans la régulation déontologique du secteur. L’examen parlementaire a été particulièrement dense, comme en témoigne le dépôt de 139 amendements par les différentes composantes politiques et syndicales, signe d’un intérêt soutenu et parfois de divergences de fond sur certains aspects sensibles de la réforme.
Ces amendements ont principalement porté sur la composition du Conseil national de la presse, le mode de scrutin pour la désignation de ses membres et l’équilibre entre les différentes catégories professionnelles représentées. Le gouvernement a défendu une ligne visant à concilier représentativité des acteurs du secteur, efficacité décisionnelle et responsabilité institutionnelle, tout en veillant à préserver la cohérence juridique de l’ensemble du dispositif. Plusieurs ajustements ont ainsi été discutés afin d’éviter toute fragilisation de l’organe ou toute ambiguïté dans l’exercice de ses prérogatives.
La loi maintient une composition du Conseil fixée à 19 membres. Ceux-ci se répartissent entre représentants des journalistes professionnels, des éditeurs et des institutions concernées par le champ médiatique. Le principe du scrutin individuel direct pour l’élection des représentants est également reconduit. Ce mode de désignation a été défendu comme un levier de transparence et de responsabilisation individuelle, dans un secteur où la légitimité des instances professionnelles repose largement sur la confiance de leurs pairs et du public.
Au-delà des équilibres internes, la réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation du cadre institutionnel de la presse marocaine. Elle vise à conforter l’autorégulation comme pilier central de la profession, à un moment où les enjeux liés à l’éthique, à la crédibilité de l’information et à la protection du public occupent une place croissante dans le débat public. L’unanimité enregistrée lors du vote traduit, à cet égard, une volonté partagée de renforcer la stabilité et la lisibilité des règles encadrant l’exercice du journalisme.
L’adoption de ce texte entérine ainsi une réforme structurante du cadre juridique de l’autorégulation de la presse, dans un contexte de recomposition du paysage médiatique national.

