Les retombées économiques de la Coupe d’Afrique des Nations organisée par le Maroc s’imposent déjà comme l’un des faits marquants de l’année 2025. Intervenant sur France24, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a dressé un bilan qu’il qualifie lui-même d’exceptionnel, plaçant cette édition parmi les plus rentables de l’histoire de la CAN. Au-delà de la déception sportive liée à la finale et des incidents survenus en marge de la rencontre décisive, le responsable gouvernemental a surtout mis en avant l’impact macroéconomique immédiat et les acquis structurels laissés par l’événement.
Selon les chiffres avancés, la CAN 2025 a contribué à porter la croissance économique marocaine au-delà de 4,5 % en fin d’année. L’effet multiplicateur des investissements, estimé entre 1,8 et 2, illustre l’ampleur des retombées générées par les dépenses engagées en amont de la compétition. Près de 100.000 emplois directs et indirects auraient été créés, dans des secteurs aussi variés que le BTP, les services, la sécurité, le tourisme ou encore l’événementiel. Le commerce intérieur a également bénéficié d’un net regain d’activité, avec une hausse de la consommation évaluée entre 25 et 30 %, portée par l’afflux de visiteurs et une ferveur populaire rarement observée à cette échelle.
Pour l’économiste marocain Mohamed Benayad, cette dynamique confirme que les grands événements sportifs peuvent jouer un rôle de levier économique, à condition que les investissements soient pensés dans la durée. Une analyse partagée par Nadia Fettah, spécialiste des politiques publiques, qui souligne que l’enjeu dépasse largement les chiffres conjoncturels. À ses yeux, l’héritage le plus déterminant réside dans la modernisation accélérée des infrastructures et dans le signal de confiance envoyé aux investisseurs nationaux et internationaux.
Sur ce volet, le ministre rappelle que le Royaume a réalisé, en l’espace de vingt-quatre mois, l’équivalent de dix années de développement. Sous l’impulsion directe de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, plus de 3.000 entreprises marocaines ont été mobilisées pour la mise à niveau des stades, l’amélioration du réseau routier, la modernisation des aéroports et le renforcement des transports urbains. Des investissements pensés pour durer, qui continuent déjà de profiter aux citoyens bien au-delà du cadre strict de la compétition.
Cette transformation rapide renforce la crédibilité du Maroc dans la perspective de la co-organisation de la Coupe du monde 2030. Selon Ryad Mezzour, près de 80 % des investissements sportifs requis seraient d’ores et déjà réalisés et, pour une large part, amortis. La CAN a ainsi servi de test grandeur nature, tant sur le plan logistique que sur celui de la gouvernance des grands projets. Pour l’analyste économique Abdelkader Retnani, l’événement a démontré la capacité du pays à gérer des chantiers complexes dans des délais contraints, tout en maintenant un niveau d’exigence conforme aux standards internationaux.
Interrogé sur les débordements ayant émaillé la fin de la finale, le ministre en a relativisé la portée, les attribuant à l’intensité des passions suscitées par le football. Sans minimiser leur caractère regrettable, il a tenu à recentrer le débat sur l’essentiel : l’impact économique massif et les acquis durables laissés par la compétition. À l’heure du bilan, la CAN 2025 apparaît ainsi moins comme un simple rendez-vous sportif que comme un accélérateur de développement, révélateur de la maturité du Maroc et de son savoir-faire dans l’organisation d’événements de classe mondiale.

