La pression se resserre autour des messageries étrangères en Russie. Les autorités ont confirmé, jeudi 12 février, le blocage de WhatsApp, quelques jours seulement après avoir annoncé des restrictions visant Telegram. Officiellement, les deux plateformes sont accusées de ne pas se conformer à la législation nationale.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large de durcissement du cadre numérique en Russie. Depuis plusieurs années, le pouvoir a renforcé son arsenal juridique afin de mieux contrôler l’espace en ligne, invoquant la souveraineté numérique et la sécurité nationale. Les grandes plateformes étrangères, particulièrement celles qui refusent d’héberger leurs données sur le territoire russe ou de se plier aux exigences des régulateurs, se retrouvent dans le viseur.
WhatsApp, propriété du groupe Meta, figurait parmi les applications les plus utilisées dans le pays pour les communications privées et professionnelles. Son blocage marque un tournant, tant son usage est répandu. Telegram, fondée par le Russe Pavel Dourov mais opérant hors du territoire, demeure quant à elle accessible, bien que soumise à des limitations techniques et réglementaires accrues.
Ces dispositions interviennent dans un cadre réglementaire en évolution concernant l’expression en ligne. Au cours des dernières années, les autorités russes ont adopté plusieurs textes visant à encadrer davantage la diffusion de contenus sur internet, tout en mettant en place différents mécanismes de contrôle et de sanction à l’égard de certaines plateformes étrangères.
Au-delà de l’aspect juridique, ces décisions traduisent une volonté politique affirmée : réduire la dépendance aux services numériques occidentaux et encourager le recours à des alternatives nationales. Pour les millions d’utilisateurs concernés, elles soulèvent cependant des interrogations concrètes sur l’accès à l’information et la continuité des échanges numériques au quotidien.

