Invitée de l’émission Ma Tkhalihash f Kalbek, l’actrice marocaine Sahar Seddiki a choisi la franchise. Face aux critiques virulentes qui visent la capsule humoristique Tibariya w Mahjouba diffusée sur 2M, la comédienne n’a pas cherché à esquiver : elle a reconnu comprendre la déception d’une partie du public.
Rarement une actrice aura fait preuve d’autant de transparence à l’antenne. Lors de son passage dans l’émission Ma Tkhalihash f Kalbek, Sahar Seddiki est revenue sans détour sur la polémique qui entoure la capsule humoristique Tibariya w Mahjouba, diffusée sur 2M pendant le Ramadan.
La chaîne publique a cette année opéré un choix audacieux en tournant la page de près de vingt ans de sitcom ramadanesque pour miser sur un format court porté par deux figures féminines populaires, Sahar Seddiki et Dounia Boutazout. Une décision éditoriale forte qui a immédiatement suscité curiosité… mais aussi de vives réactions.
Si les vidéos cumulent des vues importantes sur les plateformes et les réseaux sociaux, les commentaires, eux, se révèlent souvent sévères. Beaucoup d’internautes estiment que la capsule ne retrouve pas l’esprit du personnage de Tibariya qui avait marqué les téléspectateurs.
Face à ces critiques, Sahar Seddiki a choisi de ne pas se placer en opposition avec le public. Au contraire.
« Je suis d’accord avec le public », a-t-elle déclaré avec lucidité. « Quand je vois quelque chose qui ne me fait pas rire, je sais pertinemment que ça ne va pas les faire rire non plus. »
L’actrice a toutefois tenu à rappeler que les comédiens ne sont pas seuls à décider de la direction d’un projet. Selon elle, le public a parfois tendance à attribuer la responsabilité artistique uniquement aux acteurs, alors que de nombreux choix se prennent en amont.
« Les gens pensent que tout dépend de nous. Mais la réalisation, les choix artistiques, l’écriture… il y a tout un processus derrière. En tant qu’acteurs, on essaie simplement de faire de notre mieux », a-t-elle expliqué.
Sahar Seddiki est même allée plus loin en reconnaissant ne pas avoir totalement adhéré à la version du personnage présentée cette année.
« Je ne suis pas vraiment d’accord avec le personnage que j’ai joué cette année dans Tibariya w Mahjouba. J’aurais préféré garder Tibariya comme elle était avant », a-t-elle confié.
L’actrice évoque notamment une transformation visuelle qui, selon elle, a pu perturber les spectateurs. Dans sa version initiale, Tibariya apparaissait avec une allure volontairement caricaturale : look de vagabonde, dents grises et attitude marginale, des éléments qui participaient à l’identité comique du personnage.
« Cette année, je ne me reconnaissais pas vraiment. Le fait de me voir avec un look normal a peut-être déconnecté les gens du personnage qu’ils avaient aimé », admet-elle.
Une analyse qui rejoint justement les reproches formulés par une partie du public sur les réseaux sociaux.
Malgré la tempête numérique, Sahar Seddiki assume son rôle et insiste sur l’importance d’écouter les réactions des téléspectateurs. Pour l’actrice, cette franchise fait partie du dialogue nécessaire entre artistes et public.
Tibariya w Mahjouba poursuivra sa diffusion jusqu’à la fin du Ramadan. Mais au-delà de cette saison, 2M maintiendra-t-elle ce nouveau format l’an prochain ou reviendra-t-elle au modèle de sitcom qui a longtemps rythmé les soirées ramadanesques pendant deux décennies ?
Entre audiences numériques solides et critiques particulièrement virulentes, l’expérience laisse en tout cas un débat ouvert sur les choix éditoriaux de la chaîne et sur la place que le public souhaite encore accorder aux formats humoristiques traditionnels à la télévision marocaine.
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