Cinquante ans après le déclenchement du conflit du Sahara, un rapport du prestigieux Institut royal Elcano d’Espagne dresse un constat sans équivoque : la dynamique régionale tourne désormais à l’avantage du Maroc. Soutenu par ses alliés occidentaux et conforté par la résolution 2797 du Conseil de sécurité, le Royaume consolide sa position, tandis que l’Algérie apparaît de plus en plus isolée dans sa défense du Polisario.
À l’occasion du cinquantenaire du conflit du Sahara, l’Institut royal Elcano, principal centre espagnol d’études géopolitiques, vient de publier une analyse approfondie de la situation. Selon ce rapport, la dernière résolution des Nations Unies, adoptée fin octobre, acte de facto la fin du processus de paix initié en 1991 et place le Maroc dans une position de force inédite.
Le document, élaboré sous l’égide du roi Felipe VI et en collaboration avec plusieurs institutions publiques espagnoles, souligne que la résolution 2797 du Conseil de sécurité « referme la parenthèse du plan de référendum » et entérine le principe d’une autonomie encadrée comme seule issue réaliste au différend territorial.
Pour les experts d’Elcano, le Maroc a su tirer parti de sa stabilité interne et de son ancrage diplomatique pour consolider son contrôle sur près de 80 % du territoire saharien. Depuis la libération du passage de Guerguerat en 2020, le Royaume a conforté sa maîtrise du « Sahara utile » et renforcé ses investissements dans la région, accentuant l’écart économique et politique avec le camp adverse.
En face, le Front Polisario apparaît marginalisé, affaibli par des décennies d’immobilisme et par la lassitude croissante de son principal soutien, l’Algérie. L’institut estime que cette dernière, « fatiguée de défendre une cause sans horizon », ne tire plus aucun avantage stratégique de son engagement et se retrouve isolée sur la scène internationale.
L’alignement diplomatique de puissances comme les États-Unis, la France, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Allemagne autour de la souveraineté marocaine a, selon le rapport, définitivement inversé le rapport de forces. Depuis la reconnaissance américaine du Sahara marocain en 2020, les pays qui soutiennent la « République sahraouie » se sont réduits à moins d’une cinquantaine, contre plus de quatre-vingts auparavant.
Tout en notant que la résolution onusienne ne ferme pas totalement la porte à l’autodétermination, l’institut estime qu’un éventuel référendum est devenu « aussi improbable qu’un miracle ». Pour Elcano, la donne est claire : le Maroc a su imposer un cadre politique et diplomatique cohérent, tandis que le camp algérien, usé et isolé, peine à redéfinir sa stratégie face à une réalité régionale désormais bien établie.

