Le taux de scolarisation des filles dans la région de l’Oriental atteint un niveau record, dépassant les 95 % pour les enfants âgés de 6 à 11 ans, selon la Direction régionale du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Cette performance, révélée à l’occasion de la Journée internationale des femmes, traduit une progression constante de l’éducation féminine au cours de la dernière décennie, alors que le taux était de 91,3 % il y a dix ans. En milieu rural, l’essor est particulièrement notable, passant de 82 % en 2014 à 92,7 % en 2024, même si le taux reste légèrement inférieur à celui observé en zone urbaine (96,5 %).
Malgré ces avancées, l’analphabétisme féminin demeure un défi majeur dans la région. Plus d’un tiers des femmes âgées de 10 ans et plus (36,3 %) restent analphabètes, contre 19,8 % chez les hommes, mettant en lumière d’importantes disparités générationnelles et territoriales. Chez les jeunes filles de 10 à 14 ans, la parité éducative est presque atteinte, avec un taux d’analphabétisme de 2,4 %, proche de celui des garçons (2,7 %). En revanche, les femmes âgées de 60 ans et plus subissent encore les effets du passé, avec un taux d’analphabétisme de 75,4 %, contre 44 % pour leurs homologues masculins. Les écarts sont également sensibles selon le milieu de vie : 50,5 % des femmes rurales sont analphabètes, contre 29,3 % en milieu urbain. Sur le plan territorial, les taux varient de 24,1 % à Oujda-Angad à 50,8 % dans la province de Driouch.
L’insertion des femmes sur le marché du travail reste l’un des principaux enjeux du développement régional. Le taux d’activité féminin est de 13,9 %, largement inférieur à celui des hommes (67,8 %), tandis que le chômage touche près de 40 % des femmes actives, contre 18,4 % chez les hommes. Cette vulnérabilité se renforce en milieu urbain, où 41,2 % des femmes en âge de travailler sont sans emploi, soit plus du double du taux masculin.
Malgré ces contraintes, les femmes jouent un rôle central au sein des foyers de l’Oriental. Plus de 119.000 ménages sont dirigés par des femmes, représentant 20,7 % du total, avec une proportion plus élevée en milieu urbain (22,8 %) qu’en milieu rural (16,2 %). Parmi elles, 59,1 % sont analphabètes et 70 % ont 50 ans ou plus, témoignant des défis liés à l’âge et à l’éducation. Le HCP rappelle également que le taux de prévalence du handicap chez les femmes de la région s’élève à 5,9 %, légèrement supérieur à la moyenne nationale, mais proche de celui des hommes (5,8 %).
Sur le plan économique, la participation féminine reste limitée. Les établissements à but lucratif dirigés par des femmes représentent 8 % des unités actives dans la région, contre 10,1 % au niveau national, et emploient 12.035 salariés en permanence, soit 7 % de l’effectif total. La population féminine de l’Oriental s’élève à 1.159.757 personnes, légèrement majoritaire (51,1 %), avec une forte concentration des femmes en âge d’activité (15-59 ans), représentant près de 60 % du total, tandis que 16,6 % ont 60 ans et plus, illustrant un vieillissement démographique progressif.
Ces chiffres reflètent un paysage où les progrès éducatifs coexistent avec des inégalités persistantes sur le plan économique et social, soulignant la nécessité de politiques ciblées pour renforcer la participation des femmes dans tous les secteurs de la vie régionale.



