Alors que les chiffres de la mortalité routière repartent à la hausse de manière alarmante, les autorités ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Une réunion du Comité permanent de la sécurité routière s’est tenue à Rabat, jeudi 3 juillet, sous la présidence du ministre du Transport, Abdessamad Kayouh, en présence de son homologue de la Justice, Abdellatif Ouahbi. Objectif : analyser les tendances préoccupantes de l’accidentologie et acter des mesures concrètes pour la haute saison estivale.
Le constat est sans appel : plus de 143 000 accidents ont été recensés en 2024, causant 4 024 décès — une hausse de plus de 5 % par rapport à l’année précédente. Pire encore, les cinq premiers mois de 2025 montrent déjà une progression de 21 % des morts et blessés graves sur les routes du Royaume.
Un plan d’urgence activé sans délai
Face à cette situation critique, un plan d’intervention immédiate a été validé. Il comporte une série de dispositifs rigoureux :
- Intensification des contrôles de vitesse sur l’ensemble du réseau
- Vérification systématique du port de casques certifiés pour les deux et trois-roues
- Suivi renforcé des autocars de transport public
- Lutte contre les rodéos urbains, avec mobilisation des brigades mobiles de la DGSN
- Extension du maillage de caméras intelligentes en ville et sur autoroute
Autre mesure inédite : tout transfert de propriété de véhicule ou paiement de la vignette sera bloqué en cas d’amendes impayées. Cette disposition, fruit d’une coordination entre la NARSA et la Direction des impôts, vise à responsabiliser les contrevenants.
Vers une nouvelle gouvernance de la sécurité routière
À l’issue de la réunion, plusieurs nouveautés technologiques ont été dévoilées : radars mobiles double sens, instruments de contrôle du numéro de châssis, ou encore appareils de mesure de la vitesse réelle des deux-roues motorisés.
Un comité de veille sera par ailleurs mis sur pied pour assurer le suivi régulier du plan estival, lever les obstacles à sa mise en œuvre et ajuster rapidement les actions selon les réalités du terrain.
Justice et sensibilisation : deux piliers de la riposte
Le ministre de la Justice a, de son côté, souligné l’importance du volet judiciaire. Une circulaire sera adressée aux parquets pour intensifier le suivi et l’application des sanctions liées aux délits routiers. En parallèle, l’instauration d’un contrôle technique obligatoire pour les motocycles de plus de 50cc est à l’étude, tout comme un audit national des distributeurs de deux-roues.
Enfin, une campagne de sensibilisation d’envergure, spots TV, plateformes numériques et actions de proximité accompagnera le plan pour inciter à une conduite responsable et réduire les comportements à risque.
La séance s’est clôturée par la signature d’une convention entre la NARSA et l’Observatoire national de la criminalité, afin de mutualiser les efforts en matière d’analyse des données, de formation et de veille comportementale sur les routes marocaines. Un partenariat stratégique pour tenter d’enrayer l’hémorragie.

