Un tremblement de terre d’une magnitude 6,0 a frappé l’est de l’Afghanistan dans la nuit du dimanche 31 août au lundi 1er septembre 2025. Selon le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, au moins 1 411 personnes ont perdu la vie dans la seule province de Kunar, la plus touchée. Le séisme, survenu alors que la population dormait, a également fait plus de 3 100 blessés et détruit environ 5 400 habitations.
Le choc a été d’autant plus meurtrier que les maisons, bâties en briques de terre séchée et couvertes de toits en bois, se sont effondrées rapidement, piégeant les habitants sous les décombres. Les autorités craignent que le bilan continue de grimper au fil des heures.
Des centaines de milliers de personnes potentiellement affectées
Indrika Ratwatte, coordinateur humanitaire de l’ONU en Afghanistan, a averti que l’impact du séisme pourrait concerner des centaines de milliers de personnes. « Le chiffre des victimes risque de grimper de façon exponentielle », a-t-il déclaré depuis Kaboul, soulignant la fragilité des habitations et l’impossibilité pour les familles de se protéger durant la nuit.
L’ONU rappelle qu’un appel de fonds de 2,8 milliards de dollars pour venir en aide aux Afghans cette année n’a été financé qu’à hauteur de 28 %, ce qui compromet la réponse humanitaire.
Des familles entières décimées
Les témoignages venus des villages de Kunar illustrent l’ampleur du drame. À Ghaziabad, Abdul Latif, 50 ans, raconte avoir perdu son fils, sa femme et sa mère dans l’effondrement de sa maison. Deux maisons voisines, où vivaient ses proches, se sont également écroulées, tuant 24 personnes. « Nous essayons seulement de retrouver les corps sous les gravats. Il fait froid, nous n’avons ni nourriture ni abri », témoigne-t-il.
Un autre habitant, Rabbani, affirme avoir perdu sept membres de sa famille, dont ses parents, sa femme et quatre enfants. « Des victimes sont encore sous les décombres, mais nous n’avons aucun moyen pour les dégager. Plus de 24 heures après, aucune aide n’est arrivée », déplore-t-il.
À Nurgal, un adolescent de 14 ans, Akhlaq, a survécu à l’effondrement de sa maison, mais a perdu cinq membres de sa famille. « Mon père, mes frères ont été ensevelis. J’ai pu sauver mon père, mais nous n’avons aucun secours », raconte-t-il.
Une crise humanitaire aggravée par l’isolement des zones sinistrées
Les provinces de Kunar et Nangarhar, situées en zone montagneuse à la frontière avec le Pakistan, restent extrêmement difficiles d’accès. Routes coupées, glissements de terrain et effondrements limitent l’arrivée des secours. « Dans certaines zones, il n’y a absolument aucun accès », explique Ibrahim Ahmed, responsable de l’organisation Islamic Relief en Afghanistan.
Les secours reposent principalement sur des volontaires locaux, qui tentent de nourrir et d’héberger les survivants. Le terrain escarpé et l’absence d’infrastructures rendent l’évacuation des blessés particulièrement complexe.
Plus de 1 400 morts, mais un bilan encore incertain
Les chiffres varient selon les sources. L’Afghan Red Crescent Society avançait déjà un total de 1 124 morts et 3 251 blessés quelques heures après le séisme, avec 8 000 maisons détruites. Le gouvernement taliban, pour sa part, évoque aujourd’hui 1 411 décès et craint que les fouilles ne fassent encore grimper ce bilan.
Chaque heure apporte son lot de nouvelles macabres. Des habitants rapportent que des dizaines de corps restent coincés sous les décombres, sans aucune possibilité de les récupérer.
La communauté internationale réagit
La catastrophe survient dans un pays déjà ravagé par plus de deux décennies de guerre et soumis à de lourdes sanctions internationales. La pauvreté et le manque d’aide étrangère aggravent la vulnérabilité des habitants.
Le Royaume-Uni a annoncé l’octroi d’un million de livres sterling pour financer des soins médicaux et des fournitures d’urgence via l’ONU et la Croix-Rouge. L’Inde a envoyé 1 000 tentes familiales et 15 tonnes de nourriture vers Kunar, avec d’autres envois prévus dans les jours à venir.
Les joueurs de cricket afghans, actuellement en compétition aux Émirats arabes unis, ont eux aussi fait don de leurs primes de match aux victimes.
Un pays en quête de soutien
Le séisme met une fois de plus en évidence la dépendance de l’Afghanistan à l’aide étrangère. Depuis la prise de pouvoir des talibans en 2021, les financements internationaux ont drastiquement diminué. Les États-Unis, principal donateur, ont quasiment cessé leurs versements début 2025.
L’ONU, confrontée à des coupes budgétaires inédites, a déjà réduit ses programmes humanitaires. Antonio Guterres, secrétaire général de l’organisation, a annoncé une aide initiale de 5 millions de dollars et s’est engagé à mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins urgents.
Un bilan qui pourrait s’alourdir
Alors que les secouristes peinent à atteindre les villages les plus reculés, l’inquiétude grandit. Les autorités locales redoutent que le nombre de morts dépasse rapidement les 2 000 victimes.
« Les gens dorment dehors, sans abri, dans le froid. Beaucoup sont encore sous les gravats. Le pire est peut-être devant nous », résume un habitant de Nurgal.
Dans ce pays pauvre, instable et isolé, le séisme du 1er septembre s’annonce déjà comme l’une des pires catastrophes naturelles de la décennie, ajoutant une tragédie humaine supplémentaire à un peuple épuisé par des crises successives.

