Des experts internationaux se sont penchés, dimanche à Rabat, sur les multiples facettes de la musique marocaine et la richesse de son patrimoine, lors d’un colloque organisé dans le cadre des activités du 31e Salon international de l’édition et du livre (SIEL).
Cette rencontre, qui a réuni des chercheurs et des passionnés de musique, a été l’occasion d’engager une réflexion autour de l’ouverture académique sur le patrimoine musical marocain, perçu comme l’expression d’une richesse culturelle et historique plurielle.
S’inscrivant dans une approche pluridisciplinaire, elle mobilise notamment l’histoire, l’ethnomusicologie et l’anthropologie de la musique, afin d’explorer ses représentations, ses mutations et les modalités de sa lecture dans les études académiques à l’échelle internationale.
À cette occasion, la professeure à l’Université de Grenade Manuela Cortés Garcia a abordé la question de la valorisation du patrimoine andalou-maghrébin, soulignant la nécessité de récupérer et de numériser les manuscrits conservés dans les bibliothèques publiques et privées, ainsi que de répertorier les traités théoriques et les chansonniers.
Elle a également plaidé pour une approche interdisciplinaire intégrant l’histoire, l’iconographie musicale et l’archéomusicologie, appelant à la mise en place d’un outil d’échange entre chercheurs des deux rives de la Méditerranée.
Dans ce sens, l’universitaire espagnole, qui a insisté sur l’importance de créer des départements de musicologie au sein des universités, a exprimé le souhait de voir la musique andalouse marocaine inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
De son côté, la professeure à l’Université Paris Nanterre, Miriam Rovsing Olsen, qui a consacré ses recherches à la musique et à la poésie amazighes, a mis en évidence la distinction entre l’ethnomusicologie, caractérisée par une immersion sur le terrain, et la musicologie classique.
Insistant sur le rôle central de la poésie chantée, fondée sur un système de monosyllabes matrices, Mme Olsen a indiqué que le sens de la musique réside dans l’articulation entre la mélodie et le texte, souvent propre à des groupes sociaux spécifiques.
Pour sa part, la professeure d’ethnomusicologie à l’Université de Columbia (États-Unis), Alessandra Ciucci, a relevé que ses travaux portent sur les pratiques musicales en l’absence de toute documentation écrite préalable.
Elle a affirmé que l’ethnomusicologie suppose une immersion de longue durée au sein des communautés, afin de tisser des liens solides, précisant que le chercheur ne travaille pas isolément, mais construit la théorie en interaction avec les musiciens eux-mêmes.
À travers l’exemple des Marocains installés en Italie, la chercheuse a montré comment la musique demeure une identité esthétique et sonore ancrée, y compris en dehors de son contexte d’origine.
Le compositeur et musicologue Nabil Benabdeljalil, qui a modéré cette rencontre, a clôturé les échanges en soulevant une question fondamentale : celle du défi pour les chercheurs marocains de ne pas appliquer de manière systématique les théories de la musicologie classique européenne aux pratiques musicales locales.
Le 31e Salon international de l’édition et du livre connaît la participation de 891 exposants issus du Maroc et de 60 pays arabes, africains, européens, asiatiques et américains. installés en Italie, la chercheuse a montré comment la musique demeure une identité esthétique et sonore ancrée, y compris en dehors de son contexte d’origine.
Le compositeur et musicologue Nabil Benabdeljalil, qui a modéré cette rencontre, a clôturé les échanges en soulevant une question fondamentale : celle du défi pour les chercheurs marocains de ne pas appliquer de manière systématique les théories de la musicologie classique européenne aux pratiques musicales locales. Le 31e Salon international de l’édition et du livre connaît la participation de 891 exposants issus du Maroc et de 60 pays arabes, africains, européens, asiatiques et américains.

