Six camions marocains transportant des marchandises vers Bamako ont été incendiés mercredi dans une attaque armée survenue dans une zone frontalière entre la Mauritanie et le Mali, rapporte Le360, citant des responsables du secteur du transport routier au Mali.
Selon les informations relayées par le média, l’attaque aurait été menée par des éléments affiliés à la Katiba Macina, branche liée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), organisation djihadiste active dans plusieurs régions du Sahel.
Les faits se sont produits sur l’axe reliant Gogui Zammal, côté mauritanien, à la localité malienne de Gogui, un corridor régulièrement considéré comme sensible sur le plan sécuritaire. Les camions marocains, chargés de produits alimentaires destinés à Bamako, auraient été pris pour cible alors qu’ils traversaient cette zone stratégique pour l’approvisionnement de la capitale malienne.
D’après des témoignages recueillis par Le360 auprès de Rachida Sabihi, représentante de l’Union des conducteurs routiers de l’Afrique de l’Ouest, de la Mauritanie et du Maroc au Mali (UCRAO), les assaillants ont notamment visé les réservoirs de carburant des poids lourds, provoquant leur embrasement.
Des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des hommes armés autour des véhicules en flammes. Cette opération intervient dans un climat sécuritaire particulièrement dégradé au Mali, marqué ces derniers jours par plusieurs offensives djihadistes ayant touché Bamako, Kati ainsi que différentes villes du nord du pays.
Toujours selon la même source, aucune victime marocaine n’a été signalée parmi les chauffeurs. L’incident relance néanmoins les inquiétudes autour de la sécurité des axes commerciaux reliant le Maroc, la Mauritanie et le Mali, dans une région où les groupes armés cherchent de plus en plus à perturber les flux logistiques et économiques.
La représentante de l’UCRAO a également insisté sur la nécessité pour les transporteurs de respecter les dispositifs sécuritaires imposés dans certaines zones à risque, notamment les déplacements en convois accompagnés par les forces armées maliennes.
Cette attaque s’inscrit dans une série d’incidents visant les transporteurs marocains dans l’espace sahélien. Début 2025 déjà, plusieurs camions avaient été ciblés près de Nioro du Sahel, tandis que quatre chauffeurs marocains avaient été enlevés dans la région dite des « trois frontières », à cheval entre le Niger et le Burkina Faso.

