Le Maroc et la Suisse ont officiellement lancé, mercredi à Casablanca, le programme « Solar Rooftop 500 », une initiative structurante destinée à accélérer le déploiement du solaire photovoltaïque en toiture et à réduire durablement les émissions de CO₂ du tissu économique national. Porté par Africa Climate Solutions, en partenariat avec le Cluster ENR, ce programme ambitionne l’installation de 500 MWc de capacités solaires sur les bâtiments d’entreprises industrielles et tertiaires, tout en ouvrant l’accès à des revenus carbone liés aux émissions évitées jusqu’au 31 décembre 2030.
Concrètement, Solar Rooftop 500 permet aux entreprises marocaines engagées dans l’autoproduction d’électricité verte de valoriser, sur les marchés carbone, les réductions d’émissions générées par leurs installations solaires. Le dispositif s’inscrit dans le cadre de l’Article 6.2 de l’Accord de Paris et repose sur la coopération climatique bilatérale entre le Royaume et la Confédération suisse. L’objectif est clair : mobiliser des mécanismes innovants de finance carbone pour accompagner la transition énergétique du secteur productif, tout en garantissant la transparence et l’intégrité environnementale des projets.
Présent lors du lancement, l’ambassadeur de Suisse au Maroc, Valentin Zellweger, a souligné la portée du programme, rappelant que 500 MWc de solaire en toiture représentent une capacité équivalente à celle de grandes centrales solaires du pays. Selon lui, cette initiative illustre une coopération climatique concrète et opérationnelle, au bénéfice à la fois de la décarbonation de l’économie marocaine et des objectifs de compensation carbone poursuivis par la Suisse.
Du côté marocain, le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, à travers ses directions en charge de l’énergie et du climat, a mis en avant Solar Rooftop 500 comme un exemple abouti de contribution de la coopération internationale à la décarbonation des entreprises. Le ministère insiste notamment sur l’importance d’un cadre rigoureux excluant toute double comptabilisation des émissions évitées, condition indispensable à la crédibilité des crédits carbone générés.
L’atteinte de la cible des 500 MWc repose également sur un environnement réglementaire récemment renforcé. La loi n° 82-21 relative à l’autoproduction d’électricité a levé plusieurs freins techniques et juridiques, tandis que le lancement des certificats d’origine permet désormais d’assurer la traçabilité de l’électricité renouvelable produite et consommée. Ces avancées donnent aux entreprises une visibilité accrue sur leurs investissements énergétiques et climatiques.
La cérémonie de lancement a été marquée par la signature d’une convention de partenariat entre Africa Climate Solutions et le Cluster ENR, scellant une collaboration axée sur l’accompagnement technique des porteurs de projets. Un panel réunissant le ministère, l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique, la Fondation KliK et le Cluster ENR a ensuite permis d’aborder les enjeux de politiques énergétiques, de finance carbone et de soutien opérationnel, à travers notamment les retours d’expérience des premières entreprises bénéficiaires.
À travers Solar Rooftop 500, le Maroc et la Suisse entendent démontrer que la coopération climatique peut produire des résultats mesurables, au service de l’autoproduction solaire, de la compétitivité des entreprises et de la réduction de l’empreinte carbone nationale. Une dynamique appelée à jouer un rôle clé dans l’atteinte des engagements climatiques du Royaume à l’horizon 2030.

