Ce lundi 15 septembre, Doha devient le théâtre du sommet arabo-islamique d’urgence, convoqué en réaction aux récentes frappes israéliennes sur le territoire qatari. L’objectif affiché par le pays hôte est clair : renforcer l’unité du monde musulman face à l’État hébreu. Cinquante-sept États, membres de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), participent à cette réunion stratégique, où l’Égypte a soumis une proposition ambitieuse : la constitution d’une «Otan arabe».
L’idée consiste à fédérer les forces militaires des 22 pays arabes sous un commandement commun, avec une gouvernance alternée et un secrétariat général civil. Chaque décision d’action armée serait précédée de consultations entre les États-membres, une approche qui se veut à la fois structurée et collégiale. Si cette initiative n’est pas inédite ; elle avait déjà émergé il y a une décennie, lors du conflit yéménite, elle refait surface dans un contexte tendu, marqué par les frappes israéliennes de la semaine dernière.
Vers un réexamen des relations avec Israël
La riposte militaire directe semble pour l’instant exclue. En revanche, le sommet pourrait engendrer d’importantes secousses diplomatiques. L’Égypte, traditionnellement en lien avec Israël, affiche désormais une prudente distance, tandis que l’Iran exhorte l’ensemble des pays musulmans à rompre leurs relations avec l’État hébreu.
Le projet de communiqué final appelle explicitement les États participants à « revoir leurs relations diplomatiques et économiques avec Israël » et à envisager des mesures légales contre ses actions. Le texte préliminaire condamne « les actes hostiles israéliens, incluant génocide, nettoyage ethnique, famine, siège et colonisation », jugés menaçants pour « la paix régionale » et pour les initiatives de normalisation.
Dans son discours d’ouverture, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, l’émir du Qatar, a dénoncé avec force la stratégie israélienne : « Celui qui œuvre méthodiquement à éliminer la partie avec laquelle il négocie considère la négociation non pas comme un dialogue, mais comme un théâtre de guerre ». Pointant directement le Premier ministre israélien, il a ajouté : « Netanyahu rêve d’un Moyen-Orient placé sous influence israélienne. Une illusion dangereuse qui ne se réalisera pas ».

