À l’occasion de la rencontre annuelle de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), Vladimir Poutine et Xi Jinping ont affiché mardi 2 septembre leur convergence stratégique. Le dirigeant russe a qualifié ses relations avec Pékin d’« inédites dans leur intensité », tandis que le président chinois a mis en avant une coopération destinée à remodeler la gouvernance mondiale sur des bases jugées plus équitables.
Le président russe est présent en Chine depuis dimanche. Après sa participation au sommet de Tianjin, il doit assister mercredi à Pékin au grand défilé militaire marquant les 80 ans de la capitulation japonaise en 1945. Cette séquence intervient alors que Moscou et Pékin affrontent un climat tendu avec les capitales occidentales, accusées par les deux partenaires de prolonger la guerre en Ukraine et de maintenir une logique de confrontation héritée de la Guerre froide.
Malgré un entretien avec Donald Trump en août en Alaska, Vladimir Poutine n’a donné aucun signe d’assouplissement concernant le conflit ukrainien. La Chine, pour sa part, continue de défendre une posture dite « neutre », rejetant les critiques occidentales qui l’accusent de soutenir discrètement la Russie.
kim jong-un en route vers tianjin
Mardi, le train blindé de Kim Jong-un a franchi la frontière chinoise. Le dirigeant nord-coréen doit rejoindre Tianjin dans la journée avant de gagner Pékin, où il est invité au défilé militaire du 3 septembre. Son arrivée aux côtés de Xi Jinping et Vladimir Poutine serait un moment sans précédent sur la scène internationale, illustrant l’insertion de Pyongyang dans un cercle de nations soutenu par Pékin et Moscou.
La visite de Kim Jong-un, son onzième déplacement à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir, alimente déjà les spéculations quant à une possible rencontre trilatérale entre les dirigeants russe, chinois et nord-coréen. La présence du dirigeant nord-coréen dans une tribune internationale aux côtés de plusieurs chefs d’État constitue en soi un fait remarquable.
une mise en scène millimétrée
La capitale chinoise se prépare à un dispositif sécuritaire d’ampleur : barrières installées sur des kilomètres, soldats déployés sur les ponts et aux carrefours, circulation restreinte. Le défilé militaire de mercredi doit réunir 26 dirigeants étrangers autour de Xi Jinping, confirmant l’ambition de Pékin de se poser en alternative à l’« hégémonie occidentale », dénoncée par le président chinois comme une source d’instabilité mondiale.
Selon l’analyste Christopher Green (International Crisis Group), la présence du numéro un nord-coréen souligne que Pyongyang est reconnu par Pékin comme un membre d’un bloc international élargi, même si la relation triangulaire avec la Russie demeure ambiguë, faite à la fois de coopération et de rivalités.

