L’usine Stellantis de Kénitra vient de franchir un cap décisif. Mercredi, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a présidé la cérémonie d’inauguration de l’extension du site, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de responsables du groupe automobile. Ce moment fort marque une nouvelle étape dans le partenariat entre le Maroc et Stellantis, une alliance entamée en 2016 et qui ne cesse de gagner en ampleur.
Cette extension n’est pas qu’un simple agrandissement d’infrastructure. Elle incarne une ambition industrielle portée par le Royaume sous l’impulsion du roi Mohammed VI, et saluée comme un modèle par Aziz Akhannouch. Le chef de l’Exécutif a souligné que cette initiative s’inscrit dans les objectifs de la nouvelle Charte de l’Investissement, avec un accent sur l’intégration locale, la montée en gamme et la création d’un écosystème structurant autour de l’automobile.
.
D’un point de vue économique, l’investissement mobilisé est de 1,2 milliard d’euros, dont plus de 700 millions dédiés aux fournisseurs, reflète une stratégie de consolidation. Ce renforcement permettra à terme de doubler la capacité de production du site, qui passera de 200 000 à 400 000 véhicules traditionnels par an dès 2026. À cela s’ajoute la micromobilité, portée par les modèles Citroën Ami, Opel Rocks-e et Fiat Topolino, avec une production désormais établie à 70 000 unités, en plus des véhicules électriques à trois roues conçus et développés localement.
L’impact de cette dynamique est multiple : sur l’emploi, avec la création annoncée de 3 100 postes supplémentaires, portant l’effectif total à plus de 6 500 collaborateurs ; sur l’intégration industrielle, qui devrait atteindre un taux de 75 % à l’horizon 2030 ; et sur la souveraineté technologique, notamment grâce au lancement, dès mai, d’une nouvelle ligne de moteurs MHEV à 350 000 unités par an, avec une phase d’usinage prévue pour 2026.
Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a insisté sur la portée stratégique du projet. Pour lui, cette expansion vient renforcer la position du Maroc comme acteur incontournable dans l’industrie automobile mondiale, capable de dépasser la barre du million de véhicules produits chaque année. Il a également salué l’exemplarité d’un partenariat qui dépasse les objectifs initiaux et renforce l’ancrage du Made in Morocco dans une filière en mutation.
Côté Stellantis, Samir Cherfan, responsable des opérations pour la région Moyen-Orient et Afrique, a rappelé que les engagements pris en 2016 ont été non seulement respectés, mais largement dépassés. L’usine, inaugurée en 2019, avait déjà doublé sa capacité en 2020, soit trois ans plus tôt que prévu.
Les perspectives ouvertes par cette extension sont à la hauteur des ambitions : production de bornes de recharge à 204 000 unités par an, développement d’un écosystème local fort, et un volume d’achats prévu de plus de 6 milliards d’euros auprès des fournisseurs marocains d’ici 2030. Un pari sur l’avenir qui confirme la confiance de Stellantis dans le Maroc et dans sa capacité à jouer un rôle central dans la mobilité de demain.

