Stellantis, le géant automobile franco-italien, a décidé de suspendre la production de son modèle entièrement électrique Fiat 500 pour une durée de quatre semaines à compter de vendredi. Cette décision survient en réponse à une demande européenne décevante pour ce véhicule. Actuellement fabriqué à l’usine Mirafiori de Turin, le Fiat 500 électrique voit ses commandes chuter, ce qui pousse le groupe à réévaluer sa production.
Pour répondre à cette situation, Stellantis a annoncé un investissement de 100 millions d’euros dans une transformation majeure de son site de production à Turin. Cet investissement vise à développer une version hybride du Fiat 500, ainsi qu’à améliorer les batteries pour une meilleure performance. La production de cette nouvelle version hybride devrait commencer l’année prochaine et se prolonger jusqu’en 2026.
La baisse de la demande pour les véhicules électriques en Europe a des répercussions importantes sur les fabricants européens. En effet, ces derniers peinent à rivaliser avec les fabricants chinois, dont les véhicules continuent de captiver les consommateurs européens par leurs prix compétitifs et leurs fonctionnalités avancées. Pour s’adapter à cette diminution de la demande, plusieurs entreprises européennes, ainsi que les producteurs de batteries, réajustent leurs prévisions et leur production.
Stellantis pauses electric Fiat 500 model production as orders slow.
This move comes as the European electric vehicle market continues to see a drop in demand, especially impacting European EV makers, who have struggled to keep pace with Chinese ones.https://t.co/sMswINnxY3
— euronews (@euronews) September 13, 2024
Ce phénomène est amplifié par les politiques incitatives écologiques variées à travers le monde. L’Union Européenne a récemment mis en place des droits de douane plus élevés sur les véhicules électriques chinois, en raison des préoccupations concernant les subventions gouvernementales dont bénéficient ces producteurs. Ces subventions permettent aux fabricants chinois de vendre leurs véhicules à des prix bien inférieurs à ceux des concurrents européens, menaçant ainsi les parts de marché des fabricants européens.
Cette situation a provoqué une réaction significative, notamment des inquiétudes quant à la possibilité pour l’UE d’atteindre ses objectifs de neutralité carbone. Les véhicules électriques chinois, appréciés pour leur rapport qualité-prix attractif, risquent de devenir moins populaires en raison de la hausse des prix dans l’UE. Cela pourrait entraîner une baisse de la propriété des véhicules électriques à travers le bloc européen.
En parallèle, Stellantis a récemment publié des résultats financiers décevants pour le premier semestre 2024, marqués par une diminution continue de sa part de marché en Amérique du Nord. Les revenus nets de l’entreprise se sont établis à 85,0 milliards d’euros, en baisse de 14 % par rapport à l’année précédente. Le bénéfice net a chuté de 48 %, atteignant 5,6 milliards d’euros, tandis que le revenu d’exploitation ajusté a diminué de 5,7 milliards d’euros, se montant à 8,5 milliards d’euros.
Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis, a commenté ces résultats en affirmant : « La performance de l’entreprise au premier semestre 2024 n’a pas répondu à nos attentes, reflétant à la fois un contexte industriel difficile et nos propres problèmes opérationnels. Bien que des mesures correctives soient nécessaires et sont en cours pour résoudre ces problèmes, nous avons également lancé un blitz produit excitant, avec pas moins de 20 nouveaux véhicules à lancer cette année, ce qui offre de nouvelles opportunités si nous exécutons bien. Nous avons un travail important à accomplir, notamment en Amérique du Nord, pour maximiser notre potentiel à long terme. »

