Le constructeur automobile Stellantis aborde un tournant délicat. Les résultats du premier semestre de l’année révèlent une nette contraction de ses performances financières, mais la direction, récemment renouvelée, affiche une volonté affirmée de redressement pour les mois à venir.
Avec un chiffre d’affaires de 74,3 milliards d’euros, en recul de 13 % par rapport à la même période de 2024, le groupe pâtit d’un environnement mondial peu favorable, particulièrement en Amérique du Nord et en Europe. À cela s’ajoutent des effets de change défavorables et une baisse des volumes dans le segment des véhicules utilitaires légers. L’Amérique du Sud fait figure d’exception avec une dynamique commerciale positive.
Un résultat net dans le rouge, mais une vision affirmée
La perte nette s’élève à 2,3 milliards d’euros, un revirement brutal comparé au bénéfice de 5,6 milliards enregistré l’an dernier à la même période. Les résultats opérationnels suivent la même tendance, chutant à 500 millions d’euros, avec une marge opérationnelle réduite à 0,7 %. Les flux de trésorerie générés par les activités industrielles sont également négatifs à hauteur de 3 milliards d’euros, insuffisants pour absorber les investissements massifs dans l’innovation et la recherche.
Malgré ce tableau sombre, Stellantis affirme disposer d’une liquidité industrielle de 47,2 milliards d’euros, garantissant une certaine résilience face aux turbulences. Les stocks atteignent 1,2 million d’unités, soit une légère hausse par rapport à la fin de 2024, grâce notamment à l’introduction de nouveaux modèles.
Une nouvelle direction à la manœuvre
Aux commandes depuis le mois de juin, Antonio Filosa, nouveau directeur général du groupe, n’a pas tardé à imprimer sa marque. Entouré d’une équipe renouvelée, il mise sur une gouvernance plus agile et des décisions fortes pour inverser la tendance. « Nous devons corriger ce qui dysfonctionne en nous appuyant sur nos atouts : l’engagement de nos collaborateurs et la qualité de nos produits », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle dynamique managériale est incarnée par une équipe de dirigeants promus à des fonctions élargies, marquant un virage stratégique dans la gestion du groupe.
Une offensive produits pour relancer la machine
Le premier semestre a vu le lancement de plusieurs nouveautés majeures : Citroën C3 Aircross, Fiat Grande Panda, Opel Frontera ou encore Ram ProMaster Cargo BEV. Ces modèles ont déjà permis de gagner des parts de marché en Europe et de renforcer les carnets de commandes outre-Atlantique.
D’ici la fin de l’année, dix nouveaux véhicules viendront enrichir l’offre du constructeur, dont le Jeep Compass, le Citroën C5 Aircross ou encore la DS No8, tous conçus sur la plateforme STLA Medium. Stellantis prévoit aussi le retour d’icônes plébiscitées, comme le Ram 1500 avec son moteur V8 HEMI®, la Dodge Charger thermique ou encore la Jeep Cherokee hybride.
Côté français, Peugeot relance sa mythique 208 GTi, dévoilée en juin lors des 24 Heures du Mans, marquant un retour aux sources sportif pour la marque au lion.
En Amérique latine, Fiat muscle sa présence avec le lancement du pickup Titano, désormais assemblé localement en Argentine.
Des perspectives financières à nouveau sur les rails
Malgré un semestre éprouvant, Stellantis réaffirme sa confiance pour le second semestre 2025, en misant sur une amélioration graduelle de ses indicateurs clés. Le groupe table sur une progression de ses revenus, une marge opérationnelle modérée et un redressement de sa génération de trésorerie, sous réserve d’un environnement réglementaire stable, notamment en matière de droits de douane.
Sur ce front, Stellantis anticipe un impact tarifaire de 1,5 milliard d’euros pour l’année, dont 300 millions déjà comptabilisés au premier semestre. Des discussions restent en cours avec les autorités concernées pour amortir l’effet de ces nouvelles barrières commerciales.


