Et si se replonger dans Mon voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro ou Kiki la petite sorcière faisait plus de bien qu’on ne le pense ? Selon une étude parue en août 2025 dans la revue scientifique JMIR Serious Games, les films du Studio Ghibli auraient un effet mesurable sur le bien-être mental. Leur univers apaisant et empreint de nostalgie procurerait un sentiment de calme et de bonheur durable — un véritable remède à la morosité ambiante.
Les chercheurs de l’Imperial College de Londres, de l’université Kyushu Sangyo (Japon) et de la Georgia State University (États-Unis) ont mené leur enquête sur 518 étudiants de troisième cycle. Répartis en plusieurs groupes, certains ont visionné des films de Hayao Miyazaki, d’autres ont joué à The Legend of Zelda: Breath of the Wild, tandis qu’un groupe témoin n’a rien fait. Les résultats ont parlé d’eux-mêmes : les participants exposés à ces univers visuels et ludiques ont déclaré ressentir plus de sérénité, de curiosité et de joie intérieure que les autres.
Le secret de cet effet ? La nostalgie. Les chercheurs soulignent que les œuvres de Miyazaki transforment les gestes ordinaires du quotidien – partager un repas, se promener à la campagne, regarder tomber la pluie – en moments empreints de magie. Cette esthétique de la simplicité réveille un désir d’innocence et d’émerveillement enfantins, offrant aux spectateurs une échappatoire douce et réconfortante. Autrement dit, un « shot de bonheur » scientifiquement validé.
Les films de Miyazaki ne fuient pas les émotions difficiles : ils les apprivoisent. Dans Kiki la petite sorcière, l’héroïne perd confiance en elle ; dans Mon voisin Totoro, Satsuki et Mei affrontent l’angoisse liée à la maladie de leur mère. Ces récits initient à la résilience émotionnelle, valorisant la communauté, la bienveillance et la paix intérieure. Autant d’éléments que les chercheurs relient à une meilleure gestion du stress et de la tristesse.
L’étude note aussi une synergie entre les films du Studio Ghibli et les jeux en monde ouvert, notamment Breath of the Wild. Explorer librement un univers paisible, préparer un repas sous les étoiles ou flâner dans la nature virtuelle renforcerait la capacité du cerveau à se régénérer mentalement. Cette combinaison entre contemplation et immersion serait l’une des clés d’un bien-être durable.
Alors que les jours raccourcissent et que l’hiver approche, la science nous offre donc une excuse parfaite pour se (re)plonger dans la filmographie du maître japonais. Un marathon Ghibli n’est plus seulement une parenthèse enchantée : c’est aussi une thérapie émotionnelle validée par la recherche.

