L’Union européenne se prépare à toutes les éventualités face à la menace américaine d’alourdir les droits de douane sur les voitures européennes. Mardi, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que le bloc était « prêt à tous les scénarios », après que Donald Trump a évoqué une hausse des surtaxes pouvant atteindre 25 % sur les véhicules importés depuis l’Europe.
Au cœur des tensions, un accord commercial conclu l’an dernier entre Bruxelles et Washington, qui plafonne actuellement ces droits de douane à 15 %. Pour la Commission européenne, cet engagement reste valable et doit être respecté. « Un accord, c’est un accord », a insisté Ursula von der Leyen, rappelant que ce cadre repose sur des règles communes, la stabilité et la confiance entre partenaires.
Washington accuse pourtant l’Union européenne de ne pas appliquer pleinement les termes de cet accord. Une critique relayée par le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, qui évoque des lenteurs et des modifications susceptibles de limiter sa portée. En réponse, Bruxelles assure avoir respecté ses engagements et maintenir un dialogue constant avec les autorités américaines tout au long du processus.
Dans ce contexte, les discussions se poursuivent à un niveau diplomatique élevé. Le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, doit rencontrer son homologue américain en marge d’une réunion ministérielle du G7 à Paris, dans l’espoir de désamorcer une escalade commerciale qui fragilise les relations transatlantiques.
Plusieurs dirigeants européens ont affiché leur soutien à la Commission. Le président français Emmanuel Macron a notamment appelé à une réponse ferme si les menaces américaines se concrétisent. Il a évoqué la possibilité d’activer l’instrument anti-coercition de l’Union européenne, un dispositif conçu pour riposter à des pressions économiques jugées hostiles, notamment via des restrictions commerciales ou des limitations d’accès aux marchés publics.
D’autres responsables européens, à l’image de António Costa, ont également soutenu une position unie face à Washington. Tous insistent sur la nécessité de préserver un partenariat économique stratégique, tout en refusant toute remise en cause unilatérale des engagements pris.
Cette nouvelle menace tarifaire marque un regain de tension dans les relations commerciales entre les États-Unis et l’Union européenne, déjà mises à l’épreuve ces dernières années. Si aucune décision concrète n’a encore été appliquée, Bruxelles prévient qu’elle se tient prête à réagir rapidement, tout en privilégiant, pour l’heure, la voie du dialogue.


