À Tamaris, la tension monte entre les habitants de longue date et les autorités locales. Plusieurs familles, installées depuis des décennies dans des cabanons bordant l’océan, font face à des injonctions de départ, émises au nom de la sauvegarde du domaine public maritime. Un bras de fer s’engage, mêlant mémoire familiale, titres de propriété et procédures judiciaires controversées.
Les occupants de ces constructions modestes, pour certains enracinés sur ces terres depuis les années 1980, affirment être dans leur bon droit. Ils avancent l’acquisition régulière de leurs terrains, la présentation de documents officiels, ainsi que le règlement annuel de taxes d’occupation, souvent autour de 6.000 dirhams. Plusieurs décisions de justice antérieures leur auraient même donné raison.
Mais une série récente de décisions judiciaires, qui leur sont défavorables, relance l’affaire. Les résidents remettent en cause la légitimité de la partie plaignante, qu’ils accusent d’agir au nom d’une structure fictive, sans réelle existence juridique. Ils affirment également n’avoir jamais été notifiés des nouvelles procédures les visant, en contradiction avec les jugements précédents.
La situation est d’autant plus délicate que de nombreux cabanons sont aujourd’hui aux mains d’héritiers vivant à l’étranger. Pour ces familles dispersées, l’éventualité d’une démolition pure et simple représente un choc, à la fois administratif et émotionnel. Elles réclament une réévaluation complète du dossier et menacent de porter l’affaire sur le terrain international si aucune solution équitable n’est trouvée.
À Tamaris, l’avenir du littoral s’écrit désormais entre nostalgie, batailles juridiques et enjeux de préservation.

