Du 15 février au 10 juin 2026, la Villa Harris – Musée de Tanger accueille l’exposition « La Solitude des formes », une rétrospective consacrée à l’artiste marocain Aziz Abou Ali.
Portée par la Fondation Nationale des Musées, en partenariat avec la Galerie Marsam, cette exposition remet en lumière une figure majeure mais longtemps discrète de l’art moderne marocain, à travers un ensemble significatif de peintures, dessins, gravures et sculptures.
Né en 1935 à Marrakech, l’artiste grandit dans un contexte marqué par la précarité. Son entrée dans le monde de l’art se fait tardivement. D’abord autodidacte, il poursuit ensuite sa formation aux Beaux-Arts de Tétouan, avant de poursuivre son apprentissage en Espagne, notamment à Séville et Madrid. Installé durablement dans ce pays, Espagne, il développe une écriture plastique exigeante, centrée sur la représentation du corps humain et sur un travail rigoureux de la gravure.
La rétrospective propose une lecture globale d’une œuvre construite autour de tensions permanentes : entre figuration et abstraction, présence et disparition, enfermement et résistance. Dans ses compositions, la figure humaine occupe une place centrale, mais apparaît souvent fragmentée, contrainte ou dépourvue de visage. Le corps devient un support d’expression intérieure, traduisant le silence, l’isolement et une forme de lutte intime, plutôt qu’un élément narratif classique.
À partir des années 1980, l’artiste vit à Madrid dans des conditions matérielles difficiles, tout en poursuivant une production artistique soutenue. Il s’éteint en 1993 dans l’appartement qui lui servait à la fois de lieu de vie et d’atelier. Son œuvre, longtemps restée en marge des circuits médiatiques, s’impose aujourd’hui comme un témoignage essentiel de la modernité artistique marocaine.
À Tanger, cette exposition s’inscrit dans une démarche de transmission et de préservation du patrimoine artistique national. En réunissant un corpus cohérent de pièces, elle participe à la redécouverte d’un parcours singulier et rappelle l’importance de la conservation des œuvres qui ont façonné l’histoire de l’art moderne au Maroc.


