Nichée à 90 minutes à l’est d’Agadir, Taroudant séduit de plus en plus les médias internationaux, à commencer par la chaîne américaine CNN qui vient de lui consacrer une série de reportages élogieux.
Surnommée la « petite Marrakech » pour ses remparts ocres et ses souks animés, la ville se distingue toutefois par une ambiance paisible, loin du tumulte du tourisme de masse. Véritable écrin d’authenticité, Taroudant se présente désormais comme l’une des destinations les plus prometteuses pour un voyage équilibré entre nature, culture et immersion locale.
Selon CNN, Taroudant constitue une base stratégique pour explorer les montagnes de l’Anti-Atlas, qui s’étend du sud-ouest du Maroc (près d’Agadir) jusqu’aux abords du Sahara à l’est.
Camper dans le désert du Sahara ou rejoindre l’Atlantique en quelques heures à peine. Ce positionnement unique, entre mer et montagnes, séduit une nouvelle génération de voyageurs à la recherche d’expériences riches mais respectueuses des territoires visités.
Loin des foules de Marrakech, la ville offre un rythme de vie serein, où les traditions amazighes restent intactes. Les remparts, décrits comme « majestueux », encerclent une médina classée patrimoine culturel national. À l’intérieur, les souks regorgent de produits locaux : épices, poteries, bijoux en argent, maroquinerie et produits frais. Deux marchés coexistent : le souk arabe, plus ancien et artisanal, et le souk berbère, cœur de la vie quotidienne des habitants.
Les riads de Taroudant, souvent discrets depuis la rue, sont décrits comme parmi les plus élégants et les plus secrets du pays. Ces maisons traditionnelles, centrées autour d’un jardin ou d’un patio, incarnent à la fois l’architecture locale et l’art de vivre marocain. Certains sont aujourd’hui reconvertis en maisons d’hôtes ou en résidences d’artistes, à l’image de la créatrice française Margaux Pigalle, installée à Taroudant depuis 2019.
L’attrait de la ville ne s’arrête pas à son centre. À quelques kilomètres, le Musée Claudio Bravo, installé dans l’ancienne demeure du célèbre peintre chilien, mêle art, patrimoine et botanique. Ce palais mêle influences marocaines et classiques européennes, sur 75 hectares de jardins et de collections privées. Plus au sud, l’oasis de Tioute, avec ses ruines de kasbah, ses dattiers et ses figuiers de Barbarie, témoigne d’un mode de vie ancestral rendu possible par un ingénieux système d’irrigation souterrain, les khettaras.
Au-delà encore, les montagnes abritent une constellation de villages traditionnels en pisé, surplombés de minarets fins et entourés de palmeraies. CNN y voit une chance rare de découvrir des paysages à couper le souffle et une culture vivante, loin des itinéraires balisés. Tafraoute, en particulier, est recommandée pour ses randonnées entre villages perchés et vallées fertiles, où les traditions berbères sont encore ancrées dans le quotidien.
Dans un contexte mondial où le tourisme de masse étouffe certaines destinations, Taroudant émerge comme un contre-modèle inspirant. Le Maroc, qui a attiré 17,4 millions de visiteurs en 2024 selon CNN – dépassant l’Égypte en tête des destinations africaines – s’apprête à accueillir la Coupe d’Afrique des Nations. Dans ce cadre, des villes comme Taroudant ont un rôle clé à jouer dans la diversification de l’offre touristique du royaume.


