La tempête Goretti a violemment frappé le nord-ouest de la France dans la nuit de jeudi à vendredi, privant quelque 380.000 foyers d’électricité et provoquant d’importantes perturbations dans les transports, sans faire de victime grave. Les rafales, parfois supérieures à 200 km/h, ont surtout touché la Normandie, en première ligne face à cet épisode météorologique d’une intensité rare, mais la Bretagne, les Hauts-de-France et l’Île-de-France ont également subi ses effets.
Vendredi matin, selon les autorités, six personnes ont été légèrement blessées. En région parisienne, les chutes d’arbres ont perturbé la circulation des trains et des RER, notamment sur la ligne A, tandis que de nombreux axes routiers restaient encombrés par des branches ou des câbles électriques arrachés. Les services de secours ont été fortement mobilisés tout au long de la nuit, multipliant les interventions pour sécuriser les zones touchées.
Météo-France a fait état d’une amélioration progressive de la situation en rétrogradant la quasi-totalité des départements en vigilance jaune dans son bulletin de 8h00. La Manche, placée en vigilance rouge une partie de la nuit, est repassée à un niveau d’alerte inférieur dans la matinée. Seules les Landes et les Pyrénées-Atlantiques demeuraient encore en vigilance orange pour vent violent jusqu’en fin de journée. Les prévisionnistes appellent toutefois à la prudence, les averses qui suivent la perturbation pouvant encore s’accompagner de fortes rafales.
Sur le terrain, les dégâts matériels sont nombreux mais maîtrisés. Du Finistère à la Seine-Maritime, les pompiers ont procédé à des centaines d’interventions pour des arbres déracinés, des toitures endommagées ou des lignes électriques à terre. À Cherbourg, une vingtaine de personnes ont dû être relogées en urgence dans un gymnase. « Les équipes étaient prêtes et la cellule de crise a été activée très tôt. Il n’y a pas eu de victime, seulement des dégâts matériels », a souligné le maire de la ville, saluant le respect des consignes par la population. Dans la Manche et en Seine-Maritime, les établissements scolaires sont restés fermés vendredi par mesure de précaution.
Les vents les plus violents ont été enregistrés dans le Cotentin, où des rafales ont atteint 213 km/h à Barfleur avant de culminer à 216 km/h dans la même zone, un niveau rarement observé depuis la tempête Ciaran à l’automne 2023. Cette nuit-là, le département de la Manche avait de nouveau basculé en vigilance rouge, une mesure exceptionnelle. Les sapeurs-pompiers y ont réalisé 146 interventions, et deux personnes ont été transportées à l’hôpital sans que leur pronostic vital ne soit engagé.
Les coupures d’électricité restent l’un des impacts majeurs de la tempête Goretti. Selon le gestionnaire du réseau Enedis, 380.000 foyers étaient encore privés de courant à l’aube, dont plus de 266.000 en Normandie. La Bretagne, la Picardie et l’Île-de-France comptent également plusieurs dizaines de milliers de clients affectés. Ce bilan demeure toutefois très inférieur à celui de Ciaran, qui avait plongé jusqu’à 1,2 million de foyers dans le noir. Les équipes d’Enedis sont mobilisées pour un rétablissement progressif de l’alimentation, priorité étant donnée aux zones les plus densément peuplées.
En Seine-Maritime, la tempête a aussi provoqué des inondations localisées. À Étretat et Fécamp, la montée des eaux a entraîné d’importants débordements sans faire de victimes. Près de Rouen, à Roncherolles-sur-le-Vivier, un arbre de 45 mètres de haut s’est effondré sur plusieurs logements, obligeant les occupants à quitter leur domicile. Le port de Dieppe a été temporairement fermé en raison des conditions de mer dégradées.
Le trafic ferroviaire a été fortement perturbé, avec près de 300 incidents recensés dans les régions touchées. Arbres, branches et équipements arrachés par le vent ont obstrué les voies, compliquant la reprise de la circulation. En Normandie, où le trafic avait été totalement interrompu depuis jeudi soir, la SNCF prévient que le retour à la normale pourrait prendre plus de temps que prévu, compte tenu de l’ampleur des dégâts. Certaines lignes ont néanmoins rouvert en Bretagne et dans les Pays de la Loire.
Les autorités appellent à maintenir la vigilance et à limiter les déplacements tant que les conditions météorologiques restent instables. Si le cœur de la tempête Goretti s’éloigne progressivement, ses conséquences continueront de se faire sentir dans les prochains jours, le temps que les réseaux, les transports et les infrastructures retrouvent un fonctionnement normal.

