À Gaza, la guerre a laissé derrière elle un paysage agricole dévasté. Selon les dernières observations du FAO spécialisée dans l’alimentation, la quasi-totalité des surfaces cultivables a été soit détruite, soit rendue inaccessible. Sur les 15.000 hectares que comptait le territoire avant l’escalade du conflit, seuls 232 hectares peuvent encore être exploités, soit à peine 1,5 % du potentiel agricole initial.
Ce constat dramatique s’appuie sur des analyses satellites récentes, recoupées avec les zones évacuées depuis le printemps 2025. Résultat : plus de 86 % des terres apparaissent fortement endommagées, et la majeure partie du reste ne peut plus être atteinte par les agriculteurs. Dans plusieurs zones clés comme Rafah, le nord de l’enclave ou encore la ville de Gaza, l’agriculture a tout simplement disparu du paysage.
Avant la guerre, ce secteur représentait une bouée de survie pour plus d’un demi-million de Gazaouis, qui en tiraient un revenu, directement ou indirectement. En l’espace de deux ans, cette activité, déjà fragilisée par des années de blocus, s’est effondrée, accélérant la descente vers une crise alimentaire d’ampleur inédite.
Les données les plus récentes sur la sécurité alimentaire sont alarmantes. Près de 2 millions de personnes, soit la quasi-totalité de la population, sont désormais touchées par une insécurité alimentaire aiguë. Parmi elles, près d’un million se trouvent dans une situation d’urgence, tandis qu’un quart de million de personnes sont déjà plongées dans une détresse alimentaire extrême, la plus critique selon les classifications internationales.
Face à l’ampleur de la crise, plusieurs agences humanitaires alertent sur le risque d’un effondrement irréversible. Sans une mobilisation immédiate de l’aide internationale, préviennent-elles, le pire est à redouter.


