Le lancement du « Parti de l’Amérique » par Elon Musk a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers. Lundi 7 juillet, dès l’ouverture de Wall Street, les actions de Tesla ont chuté de 7,76 %, effaçant environ 76 milliards de dollars de la valorisation boursière du constructeur automobile. Ce revers intervient alors que le milliardaire s’implique davantage dans la sphère politique, au grand désarroi des investisseurs.
La capitalisation de Tesla est ainsi retombée sous le seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars, atteignant environ 940 milliards. La valeur de la participation personnelle de Musk a reculé de près de 10 milliards de dollars, bien qu’il reste l’homme le plus riche du monde avec une fortune estimée à 400 milliards, selon Forbes.
Cette nouvelle baisse s’ajoute à une tendance alarmante : depuis le pic enregistré en décembre, l’action Tesla a perdu près de 40 % de sa valeur. L’inquiétude des actionnaires se renforce face à l’engagement politique croissant de Musk, jugé distrayant et risqué pour la gestion de ses entreprises, en particulier Tesla et SpaceX. Daniel Ives, analyste chez Wedbush, souligne que cette orientation politique est exactement l’inverse de ce que souhaitent les investisseurs de Tesla, qui redoutent des représailles de la part de la Maison Blanche ou une perte de focus du dirigeant sur ses responsabilités industrielles.
Tout a commencé ce week-end, lorsque Musk a officialisé sur sa plateforme X la création de sa propre formation, le « Parti de l’Amérique ». Dans un message largement relayé, il dénonce un système corrompu et inefficace, promettant de redonner leur liberté aux citoyens. Cette déclaration intervient dans un climat politique déjà tendu, marqué par l’adoption par Donald Trump d’une nouvelle loi budgétaire que Musk critique ouvertement pour son impact négatif sur les finances publiques.

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Quelques jours plus tôt, Musk avait lancé un sondage sur X pour évaluer le soutien populaire à un nouveau parti. Sur 1,2 million de votants, environ 65 % se sont prononcés en faveur de l’idée. Fort de ce résultat, Musk a décidé de franchir le pas, malgré les répercussions prévisibles sur ses entreprises cotées.
Ancien allié de Trump — qu’il a généreusement soutenu financièrement lors de la présidentielle de 2024 — Musk avait même été chargé d’une commission chargée de réduire les dépenses de l’État, connue sous le nom de « DOGE ». Mais depuis mai, les relations entre les deux figures se sont détériorées de façon spectaculaire. Trump a vivement critiqué Musk dimanche, qualifiant son projet politique de « ridicule ».
Cette rupture entre les deux hommes forts de la tech et de la politique américaine ne fait qu’ajouter à l’incertitude qui entoure désormais les activités professionnelles d’Elon Musk. Pour les marchés, une chose est claire : l’engagement politique de l’entrepreneur le plus médiatisé de la planète représente une menace pour la stabilité de Tesla.

