Une étude japonaise récente, publiée dans la revue PLOS One, relance le débat entre amateurs de café et adeptes de thé vert. Selon les résultats obtenus, une consommation modérée de thé vert pourrait améliorer certaines fonctions cognitives et favoriser l’accès à ce que les psychologues appellent « l’état de flow » — cette sensation rare d’être pleinement absorbé dans une tâche, où le temps semble s’effacer. Un phénomène mental recherché, notamment par les créatifs, les développeurs, ou encore les sportifs de haut niveau.
Une alternative douce au café ?
Beaucoup enchaînent les expressos pour rester performants au travail. Devenu un véritable carburant social, le café aide à maintenir l’éveil, mais il entraîne aussi son lot d’effets indésirables : nervosité, tremblements, insomnies… Face à ces désagréments, nombreux sont ceux qui explorent d’autres options, comme les boissons aux champignons adaptogènes ou, plus naturellement, le thé.
Longtemps cantonné à une image de boisson relaxante, le thé vert attire aujourd’hui l’attention des chercheurs pour ses effets sur le cerveau. En particulier, grâce à la L-théanine, un acide aminé présent naturellement dans le thé, qui agirait en synergie avec la caféine pour calmer le système nerveux tout en maintenant l’attention.
Ce que dit la science
Dans l’étude menée par une équipe de chercheurs japonais, les participants ont été répartis en trois groupes : le premier n’a consommé aucune boisson, le deuxième a bu de l’eau, et le troisième a reçu une dose de thé vert. Tous ont ensuite effectué deux exercices mentaux : un test d’arithmétique sous contrainte de temps et une tâche de flexibilité cognitive. Résultat : ceux ayant consommé le thé vert ont obtenu de meilleurs scores, tout en rapportant un niveau d’immersion plus élevé dans les tâches, caractéristique de l’état de flow.
Des résultats prometteurs, mais à prendre avec précaution. L’étude a été financée par l’industrie du thé — un biais potentiel que les auteurs reconnaissent à demi-mot. De plus, la méthodologie soulève plusieurs critiques : absence de groupe placebo, participants exclusivement masculins… autant de limites qui nuancent les conclusions.
Une boisson plaisir avant tout
Doit-on pour autant troquer sa tasse de café contre un bol de thé ? Pas nécessairement. Les boissons font partie de nos rituels, de nos habitudes culturelles et affectives. Mais pour celles et ceux qui cherchent à réduire leur consommation de café sans renoncer à un petit coup de pouce mental, le thé vert pourrait offrir une alternative crédible — en particulier en période de surcharge professionnelle.
Ce que nous buvons ne relève pas uniquement d’un choix santé ou efficacité : c’est aussi une affaire de goût, de contexte, et parfois même, de simple confort. Le thé ne vous transformera pas en génie, mais il pourrait, ponctuellement, vous offrir un peu de clarté.
