De nouvelles preuves, rendues publiques par un tribunal de Caroline du Nord, viennent fragiliser la défense de TikTok dans un procès qui l’oppose à plusieurs procureurs américains, rapporte CNN. Il s’agit d’un montage vidéo issu de réunions internes où des salariés; anciens comme actuels expriment leurs inquiétudes quant à l’impact de l’algorithme sur la santé mentale des jeunes.
Ces extraits contrastent fortement avec les prises de parole officielles de la plateforme, qui affirme régulièrement offrir un environnement sûr pour les adolescents. Dans l’une des séquences, un ancien responsable du suivi des risques reconnaît que la conception même de TikTok favorise parfois des contenus nocifs. D’autres salariés s’interrogent sur l’effet de dépendance que l’application peut provoquer, au détriment du sommeil ou des relations sociales.
L’affaire remonte à 2024, lorsque Josh Stein, alors procureur général de Caroline du Nord, a intenté une action en justice contre TikTok pour pratiques commerciales trompeuses. Selon la plainte, l’application aurait été délibérément conçue pour capter l’attention des mineurs et minimiser auprès des parents les risques liés à son usage. Son successeur, Jeff Jackson, estime que ces images confortent l’accusation : « Elles prouvent que les réseaux sociaux maintiennent les jeunes en ligne pour maximiser les profits, quitte à compromettre leur bien-être », a-t-il déclaré à CNN.
TikTok rejette cette lecture. Dans un communiqué, la société dénonce une manipulation destinée à « déformer » des échanges internes datant des premières années de l’application. Elle assure avoir développé depuis plus de soixante-dix outils de sécurité pour protéger les adolescents, allant de paramètres de confidentialité renforcés à la désactivation des notifications nocturnes.
Le juge Adam Conrad a cependant refusé de placer ces éléments sous scellés, estimant que l’intérêt du public primait sur d’éventuels désagréments pour les salariés mentionnés. Dans le même ordre, il a rejeté la demande de TikTok visant à faire annuler la procédure.
Ce nouveau rebondissement intervient alors que l’avenir de l’application aux États-Unis reste incertain. TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, pourrait être interdit d’ici septembre si aucune cession n’est validée par Pékin.


