Réuni à Marrakech à l’occasion de la 2e Conférence internationale sur l’Innovation technologique et l’Investissement touristique, le Maroc a réaffirmé sa volonté de faire du tourisme expérientiel un levier économique structurant, ouvert à l’investissement et porté par l’innovation. La ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, a souligné que cette orientation s’inscrit dans une transformation plus large du modèle économique national, fondée sur le renforcement des infrastructures, l’ouverture des marchés et la valorisation du capital humain.
Le Royaume entend désormais positionner le tourisme comme une économie d’innovation à part entière, capable de générer de la valeur ajoutée et d’attirer des investisseurs nationaux et étrangers. Dans ce cadre, les autorités mettent en avant les progrès déjà réalisés, notamment la création de 45.000 lits supplémentaires, une amélioration de 30% de la connectivité aérienne et le soutien à près de 2.000 projets touristiques et de loisirs à travers les différents programmes publics.
Au-delà des infrastructures, la nouvelle phase repose sur une accélération de l’innovation. L’accent est mis sur l’accompagnement des startups, la facilitation de l’accès au financement et la structuration d’écosystèmes d’incubation capables de faire émerger de nouveaux modèles touristiques. Cette stratégie vise à diversifier l’offre et à renforcer l’attractivité du Maroc sur des segments à forte valeur ajoutée.
La ministre a rappelé les initiatives déjà engagées dans cette dynamique, notamment une première compétition nationale lancée en 2024, qui a permis de faire émerger plusieurs projets aujourd’hui opérationnels. Une deuxième édition, organisée en 2025, s’est concentrée sur des domaines porteurs comme les services numériques, le divertissement et la gastronomie marocaine, illustrant la montée en puissance d’un tourisme plus immersif et connecté aux nouvelles attentes des voyageurs.
Dans la continuité de cette stratégie, une troisième édition sera consacrée au tourisme rural, considéré comme un axe clé du développement territorial et de la valorisation des ressources locales. Cette orientation traduit une volonté d’équilibrer la croissance touristique entre les grandes destinations et les territoires moins exploités.
Du côté des acteurs institutionnels, le directeur général de la Société marocaine d’ingénierie touristique, Société marocaine d’ingénierie touristique, Imad Barrakad, a insisté sur la nécessité de dépasser la logique de projets isolés pour bâtir de véritables champions nationaux capables de rayonner à l’international. Il a souligné que si le Maroc dispose d’atouts solides, son offre expérientielle reste encore insuffisamment structurée et sous-financée.
Dans cette perspective, la SMIT déploie une stratégie globale visant à démocratiser l’investissement touristique. L’approche repose notamment sur les startups comme moteur du petit investissement, intégrées dans un écosystème complet combinant ingénierie de projets, dispositifs de financement, incubation et mise en relation avec les investisseurs. L’objectif est de fluidifier l’ensemble de la chaîne de valeur pour accélérer l’émergence de projets compétitifs.
Organisée en partenariat avec le ministère du Tourisme et UN Tourism, cette conférence se veut un espace de convergence entre innovation, financement et création de valeur. Les sessions de pitch, les panels consacrés aux tendances du tourisme de demain ainsi que les expositions de projets issus de l’écosystème national témoignent de la montée en puissance d’une nouvelle génération d’acteurs, actifs dans le digital, le gaming ou encore la gastronomie.
Le programme comprend également la remise de trophées aux projets les plus innovants issus d’un concours national ayant mobilisé 275 startups. Une nouvelle compétition dédiée au tourisme rural a par ailleurs été annoncée, confirmant la volonté d’ancrer l’innovation touristique dans les territoires et de soutenir des initiatives à fort impact local.
À travers cette dynamique, le Maroc cherche à consolider une vision où le tourisme ne se limite plus à un secteur d’accueil, mais devient un véritable moteur d’innovation économique et territoriale.


