Le tribunal judiciaire de Bayonne examine, ce mardi 2 juin, une vaste affaire de trafic de stupéfiants impliquant neuf personnes soupçonnées d’avoir participé à l’acheminement de cannabis et de cocaïne entre le Maroc, l’Espagne et le sud-ouest de la France.
L’enquête, menée durant plusieurs mois par les services spécialisés français en coordination avec les forces de police du Pays basque espagnol, a permis de mettre au jour un réseau structuré actif entre 2023 et 2024. Les investigations ont révélé l’existence d’une organisation logistique sophistiquée destinée à alimenter plusieurs départements du sud-ouest français en drogue.
Selon les éléments du dossier, deux frères d’origine marocaine installés à Irún auraient joué un rôle central au sein du dispositif. Les enquêteurs les présentent comme des maillons essentiels dans le transport des cargaisons depuis le Maroc vers l’Espagne, avant leur transfert vers la France. Leur interpellation est intervenue après la découverte d’une importante quantité de résine de cannabis dans leur véhicule lors d’un contrôle effectué par les forces de l’ordre basques.
Les investigations, appuyées par des surveillances, des filatures et l’analyse de nombreux déplacements suspects, ont permis d’identifier plusieurs membres présumés du réseau. Chacun aurait occupé une fonction précise, de l’importation des stupéfiants à leur distribution sur le territoire français.
Les autorités estiment qu’une trentaine de convois auraient été organisés en quelques mois. Les marchandises franchissaient la frontière franco-espagnole avant d’être écoulées principalement dans les Pyrénées-Atlantiques et les Landes. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont notamment saisi une importante somme d’argent liquide dissimulée dans une propriété située dans les Landes.
L’affaire trouve son origine en 2023, lorsqu’une transaction suspecte de cocaïne à Anglet a attiré l’attention des services de police. Cette piste a progressivement conduit les enquêteurs jusqu’à plusieurs individus déjà connus de la justice pour des infractions liées aux stupéfiants.
Après un premier report de l’audience au printemps, les neuf prévenus comparaissent désormais devant le tribunal. Ils devront répondre de leur implication présumée dans un réseau criminel spécialisé dans le trafic de drogue. La défense entend toutefois contester plusieurs qualifications pénales retenues par l’accusation.

