Depuis le 1ᵉʳ juillet, les usagers des transports publics de Rabat-Salé-Témara doivent composer avec des tarifs revus à la hausse, aussi bien sur les lignes de tramway que sur celles du réseau de bus. Le billet de tram coûte désormais 7 dirhams, tandis qu’un trajet en bus Alsa s’élève à 6,5 dirhams. Une décision qui a suscité de vives réactions, dans un contexte où le pouvoir d’achat des citoyens est déjà mis à rude épreuve.
L’annonce, tombée le jour même sur les réseaux sociaux, a pris de court de nombreux habitants. Si les opérateurs justifient cette revalorisation par des difficultés économiques – chute des recettes, conséquences post-Covid, contraintes contractuelles, elle est loin de convaincre les usagers, d’autant plus qu’aucune communication officielle n’avait préparé le terrain.
Depuis l’entrée en vigueur de cette mesure, des mouvements de protestation spontanés ont été observés dans plusieurs quartiers. Des passagers dénoncent une décision unilatérale, sans concertation, et soulignent l’absence de transparence des autorités locales sur les critères ayant conduit à cette révision tarifaire.
Des représentants syndicaux évoquent également des tensions sur le terrain. Les chauffeurs de bus se retrouvent au cœur de la contestation, souvent pris à partie par des passagers excédés. Dans certaines lignes particulièrement fréquentées, l’ambiance est devenue pesante, accentuée par la saturation des véhicules et les retards.
Par ailleurs, plusieurs voix s’élèvent pour rappeler les engagements pris dans le contrat liant la ville à l’opérateur espagnol Alsa, signé en 2018 pour une durée de 15 ans. Ce contrat prévoyait une montée progressive des prix : 5 dirhams les quatre premières années, puis 5,5 dirhams entre la cinquième et la huitième année, et enfin 6 dirhams jusqu’à la fin du contrat, avec une prolongation possible. La grille tarifaire actuelle semble donc dépasser ce cadre, selon certains observateurs.
En plus de la question du prix, les critiques portent aussi sur la qualité du service. L’obligation d’adapter la flotte à l’évolution démographique, avec notamment un renforcement progressif des bus en fonction du nombre d’usagers semble ne pas avoir été pleinement respectée. Des retards dans le renouvellement du parc sont pointés du doigt par des associations de consommateurs, qui réclament des explications claires et des engagements fermes.
Face à la pression populaire, les collectivités locales gardent un silence remarqué. Aucune réaction officielle n’a été enregistrée, ni du côté du conseil communal, ni de l’autorité délégante. En attendant, ce sont les citoyens qui trinquent, contraints de payer plus cher pour un service souvent jugé insuffisant. Et dans une conjoncture où les prix ne cessent de grimper, cette hausse tarifaire de trop risque de laisser des traces durables.


