Un séisme meurtrier a frappé le nord de l’Afghanistan dans la nuit de dimanche à lundi, provoquant la mort d’au moins 20 personnes et faisant plus de 320 blessés selon un bilan provisoire communiqué par le ministère taliban de la Santé. La secousse, d’une magnitude de 6,3, a été enregistrée à 12h59 heure locale (20h29 GMT) près de Mazar-i-Sharif, grande ville du nord du pays. Ce nouveau drame survient à peine deux mois après un autre tremblement de terre dévastateur qui avait coûté la vie à plus de 2 200 personnes dans l’est du pays.
Selon les données de l’United States Geological Survey (USGS), l’épicentre se situait à une profondeur de 28 kilomètres, un niveau considéré comme relativement faible, ce qui explique la forte intensité ressentie en surface. Le système d’alerte PAGER de l’USGS a déclenché une alerte orange, estimant que les pertes humaines et matérielles pourraient être importantes et qu’une réponse nationale serait nécessaire.
Dans les rues de Mazar-i-Sharif, qui compte environ 523 000 habitants, la panique s’est rapidement propagée. Réveillés en pleine nuit, de nombreux résidents ont fui leurs maisons, craignant l’effondrement des bâtiments fragiles. Les témoins décrivent une scène de chaos, ponctuée de cris et de prières, alors que la terre continuait de trembler sous leurs pieds. Le porte-parole de la province de Balkh, Haji Zaid, a confirmé que le sanctuaire du Mausolée bleu, monument emblématique de la ville, a subi des dégâts partiels.
Le ministère afghan de la Santé a précisé que le bilan restait préliminaire et susceptible d’évoluer à mesure que les équipes de secours poursuivent leurs recherches sous les décombres. L’Agence nationale de gestion des catastrophes a annoncé qu’un rapport détaillé sur les pertes humaines et matérielles serait publié dans les prochaines heures. Les structures sanitaires locales, déjà fragilisées par le manque de moyens, peinent à faire face à l’afflux de blessés.
Ce séisme en Afghanistan s’ajoute à une série de catastrophes naturelles qui ont durement éprouvé le pays depuis la prise de pouvoir des Talibans en 2021. En août dernier, un tremblement de terre d’une magnitude de 6,0 avait déjà fait plus de 2 200 morts dans l’est. En 2023, deux puissants séismes dans la région d’Herat, près de la frontière iranienne, avaient détruit des milliers de foyers, tandis qu’un autre, survenu en 2022 dans la province de Nangarhar, avait coûté la vie à plusieurs centaines de personnes.
Les séismes sont fréquents dans cette région montagneuse, traversée par la chaîne de l’Hindu Kush, à la jonction des plaques eurasienne et indienne. Cette activité tectonique intense rend l’Afghanistan particulièrement vulnérable. Depuis 1900, le pays a connu douze tremblements de terre dépassant la magnitude 7, selon le sismologue Brian Baptie du British Geological Survey.
Mais au-delà de la géologie, c’est la précarité structurelle du pays qui amplifie les drames. Après des décennies de guerre, l’Afghanistan affronte une crise humanitaire persistante, marquée par la pauvreté endémique, une sécheresse sévère et le rapatriement massif de réfugiés depuis le Pakistan et l’Iran. Les habitations fragiles, construites sans normes parasismiques, s’effondrent à la moindre secousse. L’absence d’infrastructures de secours modernes et la chute de l’aide internationale depuis 2021 aggravent encore la situation.
Face à cette énième tragédie, le régime taliban tente d’organiser la réponse d’urgence, dans un pays où chaque catastrophe rappelle la vulnérabilité d’une nation épuisée, mais toujours debout sur une terre qui ne cesse de trembler.

