Du 18 au 24 mai 2026, le Trophée Hassan II célèbre sa 50e édition sur le parcours rouge du Royal Golf Dar Es Salam. Un jalon symbolique pour une épreuve entrée dans l’histoire, mais surtout un révélateur : celui d’un modèle marocain structuré, entre rayonnement international, réforme sociale et construction d’un écosystème durable.
Cinquante ans ne se célèbrent pas comme une simple édition anniversaire. En 2026, le Trophée Hassan II s’inscrit dans une logique de continuité, portée par la Fédération Royale Marocaine de Golf sous la présidence de SAR Moulay Rachid.
Le tournoi, disputé sur le parcours rouge du Royal Golf Dar Es Salam, conserve son statut singulier : celui d’unique étape africaine du PGA Tour Champions. Un positionnement stratégique qui ancre le Maroc dans la cartographie mondiale du golf senior, tout en attirant un plateau de 66 joueurs parmi les références du circuit.
Dans le même temps, la 29e édition de la Coupe Lalla Meryem, inscrite au Ladies European Tour, se dispute sur le parcours bleu. Cette simultanéité, rare à ce niveau, prolonge une tradition marocaine ancienne : celle d’un développement du golf pensé dès l’origine dans une logique de mixité.
Un plateau entre mémoire et transmission
L’édition 2026 s’articule autour d’un concept assumé : le retour des légendes. Des figures comme Bernhard Langer, Ernie Els ou encore Stephen Ames incarnent cette passerelle entre héritage et exigence sportive.
Mais au-delà des noms, c’est la structure même de l’événement qui évolue. La présence conjointe de 132 joueuses sur la Coupe Lalla Meryem et l’intégration de programmes comme la Hassan II Kids Cup traduisent une volonté claire : faire du tournoi un espace de transmission.
Les jeunes golfeurs marocains ne sont plus seulement spectateurs. Ils deviennent partie prenante d’un écosystème où le haut niveau coexiste avec la formation.
Le tournant social : la réforme du métier de cadet
Le véritable changement de paradigme se situe peut-être hors des fairways. En 2026, la Fédération Royale Marocaine de Golf concrétise une réforme structurelle du métier de cadet. Longtemps informelle, cette activité entre dans un cadre organisé, avec harmonisation des pratiques à l’échelle nationale.
L’introduction d’une couverture sociale généralisée marque une rupture. Désormais intégrés à un système structuré, les cadets bénéficient d’une reconnaissance professionnelle et d’une protection qui redéfinissent leur place dans l’écosystème golfique marocain.
Ce chantier, discret mais déterminant, illustre une évolution de fond : celle d’un golf qui ne se limite plus à son élite, mais englobe l’ensemble de ses acteurs.
Former, encadrer, professionnaliser
La dynamique enclenchée se prolonge sur le terrain de la formation. Le National Juniors Tour, multipliant les étapes à travers le Royaume, structure la détection des talents. Parallèlement, les partenariats internationaux, notamment avec la Corée du Sud, renforcent l’échange d’expertise.
Plus récemment, la mise en place d’un séminaire médical dédié à la performance du golfeur marque une nouvelle étape. Biomécanique, nutrition, prévention des blessures : l’encadrement technique s’aligne progressivement sur les standards internationaux.
L’introduction d’outils comme le passeport médical du golfeur ou l’analyse 3D du swing traduit une mutation : celle d’un passage vers un golf de haute performance, où la préparation devient aussi déterminante que le talent.
Un ancrage national, une ambition globale
Les résultats récents, à l’image de la victoire du Royal Golf Dar Es Salam lors de l’Interclubs National Seniors, confirment la vitalité du tissu local. Dans le même temps, la régionalisation engagée par la fédération vise à élargir la pratique au-delà des pôles historiques.
Ce double mouvement — consolidation interne et ouverture internationale — structure l’ambition marocaine. Le Trophée Hassan II devient alors plus qu’un tournoi : un point de convergence entre politique sportive, développement territorial et rayonnement extérieur.
Ainsi, il semblerait qu’é Rabat, du 18 au 24 mai, cette évènement ne se limitera pas à célébrer le passé, mais il pourrait bel bien donner à voir un système en évolution, déjà tourné vers ses prochaines étapes.

