Donald Trump a menacé lundi les contrôleurs aériens américains qui ne se présentent pas à leur poste à cause de la paralysie budgétaire de retenir une partie de leurs salaires s’ils ne revenaient pas “immédiatement” au travail.
Le syndicat national des contrôleurs aériens (NATCA) achevait au même moment une conférence de presse, au cours de laquelle il a appelé les responsables politiques à mettre fin au “shutdown” qui les prive de paie depuis plus de 40 jours.
“Trop c’est trop”, a lancé le président du syndicat Nick Daniels, ajoutant que les aiguilleurs du ciel “ne devraient jamais servir de pions dans un jeu politique”.
Si une issue semble se dessiner lundi après un accord au Sénat, cela fait plus d’un mois que le blocage dure. Depuis le 1er octobre, plus d’un million de fonctionnaires ne sont pas payés, le versement de certaines aides est fortement perturbé, tout comme le trafic aérien, avec désormais plus de mille annulations de vols chaque jour.
Le régulateur américain de l’aviation, la FAA, a demandé aux compagnies de réduire progressivement leur programme de vols intérieurs pour diminuer la pression sur le contrôle aérien qui fait face à davantage d’absentéisme.
Une situation inacceptable pour Donald Trump
“Tous les contrôleurs aériens doivent reprendre le travail IMMEDIATEMENT!!! Tous ceux qui ne le feront pas auront des retenues substantielles” sur leurs salaires, a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Il a au contraire évoqué un “bonus de 10.000 dollars” par personne pour ceux restés à leur poste pendant la durée du blocage.
Le syndicat NATCA n’a pas réagi immédiatement à cette menace
En conférence de presse, l’organisation avait mis en avant le coût humain de la paralysie budgétaire, affirmant que la situation mettait en péril la sécurité des vols.
“Cela fait 41 jours que les contrôleurs aériens sont frappés d’une incertitude financière qui crée du stress, des frustrations et des pressions empêchant d’être concentrés à 100% sur leur mission”, a regretté Nick Daniels.
Selon lui, des professionnels “ne savent plus comment payer l’essence pour se rendre au travail” ou encore les services de garde d’enfant qui leur permettent de s’absenter de la maison.
Nick Daniels a aussi rapporté que des contrôleurs aériens commençaient à prendre des petits boulots pour payer les factures, ajoutant à la fatigue.
Selon Cirium, fournisseur de données pour l’aéronautique, plus de 1.400 vols étaient annulés lundi matin tôt aux Etats-Unis, soit 5,5% du trafic prévu.

