L’image semble tout droit sortie d’un film dystopique : des Marines dans les rues de Los Angeles, en renfort de milliers de membres de la Garde nationale déjà déployés. Sous l’impulsion de Donald Trump, cette mise en scène martiale soulève un vent de colère en Californie. Pour Gavin Newsom, gouverneur de l’État, il ne fait plus de doute que le président américain agit comme un dirigeant autoritaire.
En quelques jours, la situation s’est radicalement tendue. Le chef de l’exécutif a ordonné, sans consulter les autorités locales, le déploiement de troupes supplémentaires pour répondre aux manifestations qui s’opposent à sa politique migratoire. La maire de Los Angeles, Karen Bass, s’indigne : « Ce déploiement massif est injustifié. Nous sommes pris dans une expérimentation politique à laquelle nous n’avons jamais consenti ».
Un pouvoir imposé par la force
La décision présidentielle a été imposée sans l’accord du gouverneur démocrate, une première en six décennies dans un pays où l’usage de la force militaire sur le sol national reste hautement symbolique. Pour beaucoup, cette manœuvre relève moins d’une nécessité sécuritaire que d’un acte de provocation politique.
Gavin Newsom ne s’est pas contenté de dénoncer la manœuvre dans les médias. Il a saisi la justice, accusant Trump de violer le 10e amendement de la Constitution, qui garantit l’autonomie des États face au pouvoir fédéral. Le procureur général de Californie soutient la démarche, arguant que la situation ne présente aucun risque d’émeute ou de soulèvement nécessitant une telle réponse militaire.
Un affrontement politique de plus en plus personnel
Ce nouvel épisode s’inscrit dans une rivalité ancienne entre Donald Trump et Gavin Newsom. Déjà opposés lors des crises climatiques et des incendies qui ont ravagé la Californie, les deux hommes n’ont jamais masqué leur mépris mutuel. Aujourd’hui, Trump va jusqu’à suggérer qu’il serait prêt à faire arrêter le gouverneur. À un journaliste qui lui posait la question, sa réponse laconique et glaçante : « Oui, ce serait super ».
Des voix s’élèvent contre une dérive sans précédent
Dans le camp démocrate, les réactions ne se sont pas fait attendre. La sénatrice Amy Klobuchar rappelle que Trump n’en est pas à son premier coup de force contre les institutions : « Encore une fois, il montre qu’il est prêt à contourner les lois pour imposer sa volonté ».
La Common Defense, qui rassemble d’anciens militaires, fustige également le recours aux forces armées contre des citoyens : « Cette militarisation est une menace directe contre les libertés fondamentales », dénoncent ses représentants.
Une mise en scène de puissance, à la veille de son anniversaire
Loin de tempérer sa posture, Donald Trump semble y voir l’occasion d’asseoir encore davantage son autorité. Il clôturera la semaine en grande pompe, en présidant un défilé de blindés à Washington, prévu pour le 14 juin. Une démonstration de force qui coïncide avec le 250e anniversaire de l’armée américaine… et son propre anniversaire.
Lors de son premier mandat, ce rêve de parade militaire avait été écarté pour des raisons budgétaires. Cette fois, le président semble déterminé à aller jusqu’au bout, quitte à risquer d’endommager les infrastructures de la capitale. Peu importe les conduites de gaz ou les rues fragiles de Washington : ce qui compte, c’est le spectacle. Et surtout, le message.
Un pays sous tension, dirigé à coup de coups de poing symboliques.
Pour ses opposants, Donald Trump ne gouverne plus : il impose. Et Los Angeles pourrait bien n’être que le début.

