La concurrence s’annonce féroce dans l’univers de la livraison au Maroc. Uber Eats, le service de livraison du géant américain Uber, s’apprête à faire son grand retour sur le territoire national, avec l’ambition claire de se faire une place dans un marché actuellement dominé par Glovo.
Uber Eats a récemment lancé une large campagne de recrutement, annonçant ainsi son déploiement imminent. Cette relance s’inscrit dans une stratégie globale de diversification des activités du groupe, bien au-delà du transport, pour miser sur un marché marocain en pleine mutation.
Portée par des performances internationales impressionnantes, plus de 11 milliards de trajets et plus de 20 milliards de dollars de réservations en 2024, Uber mise sur son expertise logistique et technologique pour conquérir les villes marocaines. L’application promet notamment de livrer repas et courses en moins de 30 minutes.
Face à elle, Glovo, acteur déjà bien implanté, n’est pas à sous-estimer. Présente dans près de 50 villes, l’entreprise espagnole dirigée par Hamza Naciri Bennani concentre ses activités sur les grandes agglomérations comme Casablanca, Rabat, Marrakech ou encore Agadir. Le rapport « Glovo Delivered 2023 » classe d’ailleurs le Maroc parmi les marchés les plus performants de la plateforme, avec un taux de fidélisation record grâce à l’abonnement Glovo Prime.
L’appétit des consommateurs marocains ne faiblit pas : les plats rapides comme les burgers, pizzas ou sushis restent les produits les plus sollicités, mais l’essor du “quick commerce” (produits de beauté, courses, électronique) montre une diversification croissante des habitudes.
Par ailleurs, l’entrée en jeu d’Uber Eats pourrait bénéficier d’un coup de pouce législatif. Un projet de loi en cours d’élaboration par les ministères de l’Industrie et de l’Inclusion économique vise à structurer ce secteur en définissant plus clairement les rôles des plateformes et les droits des livreurs.
Dans ce contexte de transformation et d’arrivée de nouveaux poids lourds, une question se pose désormais : assiste-t-on au début du déclin de Glovo sur le marché marocain ?

