Cinquante ans après la Marche Verte, le 06 novembre 1975, symbole d’audace et de diplomatie visionnaire sous le règne de Feu Hassan II, le Maroc célèbre aujourd’hui une mutation de fond : dépasser le simple souvenir historique pour consacrer l’unité nationale comme horizon politique et social. Le différend sur le Sahara, héritage des tensions post-coloniales, voit son épilogue reconnu sur le plan international, mettant fin à un conflit qui a longtemps absorbé des ressources et freiné l’intégration maghrébine.
Un demi-siècle de mémoire et de symbole
Par un geste symbolique et historique, le Roi Mohammed VI transforme la mémoire nationale en moteur de rassemblement : en instituant le 31 octobre comme « Fête de l’Unité », il inscrit dans le calendrier marocain une célébration de la cohésion, de la réconciliation et de la stabilité, tandis que le Royaume affirme sa légitimité sur la scène internationale et tend la main à ses frères séparés par un demi-siècle de conflits artificiels.
Nouvelle architecture du discours royal
Sous Mohammed VI, la stratégie adoptée pour le dossier de l’autonomie a combiné patience, pragmatisme et diplomatie institutionnelle. Sans éclat ostentatoire, mais avec constance, le Royaume a transformé une cause nationale en enjeu universel de justice et de souveraineté, illustrant une maturité d’État qui s’impose sur la scène internationale.
Les festivités du cinquantenaire de la Marche Verte seront maintenues, mais sans discours royal, symbolisant la fin d’un cycle de reconquête territoriale. La Fête de l’Unité prend le relais, incarnant désormais le rassemblement des Marocains et la cohésion nationale, y compris avec les populations des camps de Tindouf. Cette célébration marque un passage de la revendication à la réconciliation, de la mémoire douloureuse à l’unité concrète des cœurs et des esprits.
Dans son allocution du 31 octobre 2025, peu après l’adoption de la résolution 2797, le Roi Mohammed VI a lancé un message fort aux Marocains des camps de Tindouf, les invitant à rejoindre le Royaume et à participer au développement national : « Tous les Marocains sont égaux, qu’ils vivent au sein du territoire national ou qu’ils aient été séparés par les camps de Tindouf », a-t-il affirmé. Ce geste dépasse la simple dimension territoriale : il s’agit de réunifier les familles, les mémoires et les destinées.
Une main tendue au Maghreb
Au-delà du Maroc, le Souverain a tendu la main à l’Algérie, appelant à un dialogue fraternel et sincère, visant à jeter les bases d’une coopération régionale fondée sur la confiance et la stabilité. Dans un contexte où la légitimité des groupes séparatistes installés sur le sol algérien s’effrite et où la région reste exposée à des menaces sécuritaires, cette invitation prend une dimension stratégique majeure pour la stabilité du Maghreb.
Le Royaume redéfinit la portée de ses discours royaux en concentrant les messages officiels sur deux temps forts : la Fête du Trône, symbole du lien entre le Roi et son peuple, et l’ouverture du Parlement, moment d’orientation et de gouvernance. L’institution de l’« Aid Al Wahda » complète cette architecture : elle clôt le cycle de la légitimité et ouvre celui de la cohésion, confirmant que le Maroc célèbre désormais une unité vécue, incarnée et partagée.
Sous cette vision, la fidélité au Trône s’allie à la fraternité entre les peuples, inscrivant le Royaume dans une trajectoire politique, spirituelle et diplomatique où la stabilité nationale devient un modèle et où la réconciliation avec les frères séparés n’est plus un espoir, mais une réalité tangible.


