L’UNESCO poursuit l’extension de son réseau de géoparcs mondiaux avec l’inscription de 12 nouveaux sites, confirmant la montée en puissance de ce label dédié à la valorisation du patrimoine géologique et au développement durable. Avec ces nouvelles reconnaissances, le réseau atteint désormais 241 géoparcs répartis dans 51 pays et couvre près de 885 000 km² à travers le monde.
Cette progression s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la présence de ces territoires dans des régions encore peu représentées, notamment en Afrique et dans les États arabes. La Tunisie rejoint ainsi pour la première fois ce réseau avec le géoparc de Dahar, marquant une avancée notable pour le continent africain dans ce domaine.
Les nouveaux sites retenus illustrent une diversité géologique remarquable et racontent chacun une partie de l’histoire de la Terre. En Asie, plusieurs géoparcs chinois, dont Changshan et le mont Siguniang, se distinguent par leur intérêt scientifique majeur, entre archives fossiles, phénomènes tectoniques complexes et paysages alpins spectaculaires. En Malaisie, Lenggong et le delta du Sarawak associent formations géologiques rares, biodiversité tropicale et vestiges archéologiques parmi les plus anciens de la région.
En Europe, la sélection met en avant des territoires où la géologie façonne directement les activités humaines. En France, les Terres d’Hérault offrent un condensé de plus de 540 millions d’années d’évolution de la planète, tandis qu’au Portugal, l’Algarvensis conserve notamment les traces du séisme de Lisbonne de 1755. En Grèce, l’île de Nisyros, avec sa caldeira intacte, constitue un terrain d’observation privilégié du volcanisme actif. L’Irlande, de son côté, valorise un paysage façonné sur 700 millions d’années, incluant son unique fjord.
D’autres régions du monde complètent cette cartographie géologique globale. En Russie, le géoparc de Toratau révèle les vestiges d’un ancien récif corallien aujourd’hui fossilisé dans les reliefs de l’Oural. En Uruguay, Manantiales Serranos témoigne des transformations liées à la formation et à la dislocation des supercontinents, tout en jouant un rôle essentiel dans les რესources en eau du pays.
Au-delà de leur intérêt scientifique, ces territoires reposent sur un modèle qui associe protection de l’environnement, valorisation des cultures locales et développement économique. Agriculture, artisanat, tourisme ou encore transmission des savoirs traditionnels y sont étroitement liés aux caractéristiques géologiques, faisant des géoparcs des espaces vivants plutôt que de simples sites naturels.
Créé en 2015, le label « géoparc mondial UNESCO » s’impose aujourd’hui comme un outil de référence pour concilier conservation et développement. L’organisation accompagne activement les pays candidats à travers des programmes d’expertise et de formation, afin de structurer des projets durables et ancrés dans les réalités locales.
Dans ce paysage en expansion, le Maroc conserve une place pionnière avec le géoparc du M’Goun, premier site africain labellisé en 2014, illustrant le potentiel du continent dans ce domaine encore en développement.


