La destruction spectaculaire du bâtiment surnommé le «Kremlin de Bouskoura» a enflammé les réseaux sociaux, où les images ont circulé à grande vitesse.
Mais derrière ce choc visuel, les autorités rappellent un principe intangible : la loi s’applique à tous, sans exception. Selon une revue de presse d’Assabah, cette démolition n’est pas un coup d’éclat, mais l’aboutissement d’une procédure administrative longue et parfaitement encadrée.
Une décision fondée sur le droit, pas sur l’émotion
L’édifice blanc, présenté par son propriétaire comme une future maison d’hôtes assortie d’un hôtel, a été entièrement démantelé sous la supervision des autorités locales, de la gendarmerie royale et des forces auxiliaires. Une opération inscrite dans un vaste plan de lutte contre les constructions irrégulières au niveau provincial.
L’affaire remonte à 2019, lorsque le promoteur achète une parcelle agricole de près de 15.000 m² à Bouskoura. Le projet initial porté devant l’administration est alors strictement agricole, centré sur les chevaux. En 2021, l’autorisation accordée confirme cette vocation et ne prévoit rien d’autre.
Des infractions répétées et ignorées
Les premiers contrôles révèlent rapidement des écarts majeurs : les travaux ne correspondent pas aux plans déposés, les surfaces dépassent les limites autorisées et des modifications structurelles sont effectuées sans aval préalable. Plusieurs avertissements sont adressés, suivis d’une mise en demeure exigeant la remise en conformité.
Face à des manquements persistants, le gouverneur ordonne dès 2023 le retrait de l’autorisation de construire. En théorie, le chantier devait alors s’arrêter. Mais les services techniques découvriront plus tard que le propriétaire a obtenu, par “des voies détournées” selon le journal, une nouvelle autorisation pour transformer le bâtiment agricole en complexe touristique haut de gamme.
Cette requalification illégale, opérée en contradiction totale avec le statut du terrain et les décisions précédentes, scellera définitivement le sort du Qsar Dyafa ou «Kremlin» comme le surnomme les habitants de la région.
Une campagne de mise en ordre de grande ampleur
La démolition exécutée cette semaine s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre l’urbanisme sauvage. Toujours selon Assabah, plus de 550 constructions irrégulières, hangars, entrepôts, bâtiments divers, ont déjà été rasées dans la province dans le cadre d’un programme visant à assainir le paysage urbain, protéger le foncier public et garantir une planification cohérente.
«Aucun favoritisme, aucun passe-droit», confie une source citée par le quotidien. «Toutes les décisions sont prises selon les procédures légales, et chaque dossier est traité sur la base du même principe : l’égalité devant la loi.»




