Un extrait jugé choquant diffusé dans un épisode de Lalla Laaroussa a déclenché une vive polémique au Maroc , mêlant indignation populaire et interpellations politiques. En cause : des scènes de violence conjugale montrant une participante s’en prendre verbalement et physiquement à son époux, dans un format dérivé diffusé sur YouTube, intitulé Dar Al Arssan.
Les images, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent une épouse giflant son mari, l’insultant et allant jusqu’à le frapper avec un objet domestique, sous le regard d’autres participants et de membres de la famille. Le mari, visiblement affecté, apparaît en état de détresse émotionnelle, allant jusqu’aux larmes. Cette séquence a rapidement suscité une vague de réactions au sein de l’opinion publique marocaine, dénonçant une banalisation de la violence au sein du couple.
Sur les plateformes sociales, internautes, journalistes et observateurs ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une dérive du contenu télévisuel. Si certains ont pointé une “atteinte à la dignité de l’homme”, d’autres ont insisté sur le fait que ces comportements ne sauraient représenter les valeurs de la société marocaine ni celles des femmes marocaines. La polémique a également ravivé le débat sur la responsabilité des programmes de téléréalité dans la diffusion de modèles comportementaux controversés, souvent motivés par la recherche du buzz et de l’audience.
Face à l’ampleur de la controverse, l’affaire a franchi un cap institutionnel en atteignant le Parlement. La députée Hanane Atarguine a adressé une question au ministre de la jeunesse, de la culture et de la communication, Mehdi Bensaid, pointant du doigt des contenus susceptibles de “normaliser la violence conjugale”. Elle a appelé à un encadrement plus strict des programmes à forte audience, ainsi qu’à une éventuelle enquête pour vérifier leur conformité avec les cahiers des charges de l’audiovisuel public.
Dans sa réaction, la production de “Dar Al Arssan” a tenu à préciser qu’il s’agit d’un contenu exclusivement numérique, indépendant des chaînes publiques. Elle affirme que le programme repose sur une approche visant à tester la capacité des couples à gérer les tensions et à renforcer leurs compétences relationnelles. Les responsables assurent par ailleurs condamner toute forme de violence et affirment mettre en place des mesures d’encadrement lorsque de tels comportements surviennent.
Cette affaire relance ainsi un débat de fond sur les limites de la téléréalité au Maroc, entre liberté de création, quête d’audience et responsabilité sociale. Dans un contexte où la lutte contre les violences conjugales constitue une priorité nationale, la diffusion de telles images pose la question du rôle des médias dans la construction des normes sociales et des valeurs familiales.

