Walid Regragui a pris tout le monde de court.
À six mois de la Coupe du monde, le sélectionneur du Maroc Walid Regragui a posé sa démission à la Fédération royale marocaine de football (FRMF), selon des informations concordantes. Aucune décision officielle n’a encore été arrêtée par l’instance fédérale, qui conserve la main sur l’avenir du technicien.
La défaite en finale a laissé un goût amer, d’autant plus que le Maroc n’était qu’à un penalty d’un sacre continental qui lui échappe depuis 1976. Cette ultime tentative manquée, sur une panenka ratée par Brahim Diaz dans le temps additionnel, a scellé le sort d’une rencontre intense, mais n’a pas effacé le parcours remarquable des Lions de l’Atlas. Pour la première fois depuis 2004, le Maroc retrouvait la finale d’une CAN, confirmant une place durable parmi les grandes nations africaines.
Arrivé avec une pression considérable, Walid Regragui a pourtant réussi à inverser une dynamique défavorable. Très critiqué après l’échec de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, le sélectionneur de 50 ans a su remettre son équipe sur les rails, faisant preuve d’une constance et d’une solidité qui lui permettent aujourd’hui d’afficher le meilleur bilan statistique jamais enregistré à la tête de la sélection marocaine. Une performance qui s’inscrit dans la continuité de l’épopée historique de la Coupe du monde, marquée par une demi-finale inédite.
Mais cette réussite sportive n’a pas suffi à dissiper l’usure. Le poste de sélectionneur national, exposé en permanence aux attentes populaires et institutionnelles, a fini par peser. Regragui savait que son avenir se jouerait en grande partie sur cette CAN. Malgré un parcours convaincant et une finale disputée jusqu’au bout, il a estimé que le cycle était arrivé à son terme. Sa décision, mûrie après la compétition, repose moins sur l’échec que sur la fatigue accumulée au fil des mois.
La balle est désormais dans le camp de la FRMF. Deux options se dessinent. La Fédération peut refuser cette démission et maintenir Walid Regragui à son poste, misant sur la stabilité d’un groupe soudé autour de son entraîneur et déjà tourné vers la Coupe du monde 2026. Elle peut aussi entériner son départ, ouvrant alors une période d’incertitude et l’obligation de nommer rapidement un nouveau sélectionneur, dans un calendrier particulièrement contraint.
Quelle que soit l’issue, l’empreinte laissée par Walid Regragui sur la sélection marocaine restera marquante. En l’espace de quelques années, il a redéfini les standards de performance des Lions de l’Atlas et renforcé leur crédibilité sur la scène internationale. Reste désormais à savoir si cette page se refermera définitivement ou si elle connaîtra un ultime chapitre.

