À Sidi Chiker, dans la province de Youssoufia, l’utilisation d’un véhicule de transport scolaire pour acheminer des fourrages destinés à du bétail a provoqué une vive indignation au sein de la population locale. Les faits remontent au samedi 21 février 2026, au douar Hnaouate, où le minibus affecté au transport des élèves aurait été employé pour déplacer des aliments verts issus d’une exploitation agricole, au lieu d’assurer sa mission principale.
L’affaire a suscité la réaction de l’Association de communication pour le développement et la protection de l’environnement, qui affirme avoir constaté l’usage du véhicule communal à des fins personnelles. Dans une correspondance adressée au gouverneur de la province, au wali de la région Marrakech-Safi, au ministre de l’intérieur, au ministre de l’éducation nationale, du préscolaire et des sports ainsi qu’au chef du gouvernement, l’association réclame l’ouverture d’une enquête urgente afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cet incident.
Selon l’organisation, il ne s’agit pas d’un simple manquement, mais d’un possible détournement d’un bien public. Le transport scolaire en milieu rural représente un pilier essentiel de la lutte contre la déperdition scolaire au Maroc et un levier déterminant pour garantir l’égalité des chances entre les élèves. Dans plusieurs douars relevant de la commune, des enfants parcourent déjà de longues distances dans des conditions parfois précaires pour rejoindre leurs établissements.
Les acteurs associatifs estiment que cette situation soulève de sérieuses interrogations quant aux mécanismes de contrôle, de gestion et de reddition des comptes liés à l’utilisation des véhicules communaux. Ils appellent les autorités compétentes à prendre les mesures disciplinaires nécessaires en cas de confirmation des faits et à instaurer des dispositifs préventifs pour éviter toute récidive.
L’association insiste enfin sur la nécessité de protéger les deniers publics et de préserver le droit des élèves à bénéficier d’un service de transport scolaire sûr, régulier et conforme à sa vocation initiale. Pour elle, toute dérive porte atteinte à la crédibilité du service public, au principe de bonne gouvernance locale et au droit fondamental à l’éducation en milieu rural.

