Le Ghana franchit une nouvelle étape dans sa transformation numérique. Depuis le 1er avril 2026, la carte nationale d’identité du pays, appelée Ghana Card, intègre désormais un portefeuille numérique permettant d’effectuer des paiements en magasin, en ligne, aux distributeurs automatiques et même à l’international.
Cette nouvelle fonctionnalité, mise en place par l’Autorité nationale d’identification du Ghana (NIA), transforme la Ghana Card en véritable moyen de paiement. Les détenteurs peuvent réaliser des transactions dans plus de 200 pays, accéder à certains services d’assurance, à une assistance d’urgence et retirer de l’argent via les guichets automatiques bancaires.
Le Ghana devient ainsi l’un des premiers pays africains, et le premier en Afrique de l’Ouest, à relier directement une carte d’identité biométrique à des services financiers. Cette innovation vise avant tout à accélérer l’inclusion financière dans un pays où l’accès aux cartes bancaires classiques reste encore limité pour une partie de la population.
L’objectif des autorités est également de réduire la dépendance aux réseaux de paiement internationaux comme Visa ou Mastercard, tout en limitant l’usage de l’argent liquide. En intégrant les paiements à un document déjà largement utilisé par les citoyens, le Ghana espère simplifier l’accès aux services financiers, notamment dans les zones rurales et auprès des personnes non bancarisées.
L’activation de ce portefeuille numérique peut se faire via l’application MyCitizens ou grâce à un code USSD, ce qui permet aussi aux personnes ne disposant pas de smartphone de profiter du service. Cette accessibilité renforce les chances d’une adoption rapide à grande échelle.
Au-delà des paiements, cette évolution pourrait avoir des effets importants sur l’économie ghanéenne. En reliant les transactions à une identité vérifiée, les autorités souhaitent améliorer la traçabilité des flux financiers, renforcer la collecte fiscale et mieux lutter contre la fraude.
Le gouvernement ghanéen mise aussi sur cette innovation pour attirer davantage d’investissements et accélérer la modernisation de son économie. Toutefois, plusieurs défis restent à relever, notamment en matière de cybersécurité, de protection des données personnelles et d’interopérabilité avec les systèmes bancaires et de mobile money déjà existants.
Cette initiative pourrait inspirer d’autres pays africains comme le Kenya ou le Nigeria, eux aussi engagés dans le développement de solutions mêlant identité numérique et services financiers. Le Ghana confirme ainsi son rôle de pionnier sur le continent dans le domaine de la finance digitale et de l’identité numérique.

