Ce qui devait être une escapade vers la mer et la lumière devient désormais un parcours d’endurance. Sur la route reliant Agadir à Taghazout, les vacanciers, comme les habitants, se heurtent à une réalité amère : des embouteillages interminables qui transforment la moindre sortie en une épreuve de patience. En plein été, il faut parfois compter une heure, parfois deux, pour s’extirper de ce goulet d’étranglement devenu tristement familier.
Ahmed Oudghiri, marocain résident en Espagne, en témoigne avec amertume. Lors de son séjour sur la côte, il confie avoir été « sidéré par l’ampleur du blocage », décrivant une atmosphère où même les tempéraments les plus calmes finissent par céder au stress. « On vient chercher l’océan et la sérénité, et on se retrouve prisonnier de la route », déplore-t-il. Un sentiment partagé par d’innombrables visiteurs, surpris de voir la promesse d’un paradis marin se muer en calvaire routier.
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La situation a pris une telle ampleur que même des personnalités internationales en ont fait les frais. Gianni Infantino, président de la FIFA, s’est retrouvé piégé dans un embouteillage monstre à la sortie de Taghazout, illustration criante de l’incapacité des infrastructures actuelles à absorber le flux des visiteurs.
Il faut dire que la côte qui s’étend d’Imesouane à Agadir concentre une constellation de plages convoitées : Imi Ouaddar, Agroud, Tamraght, Ourir ou encore Anza. Des sites d’exception qui attirent chaque été des milliers d’amateurs de surf, de sable fin et de couchers de soleil. Mais entre l’explosion du tourisme balnéaire et la croissance démographique, la route nationale n°1, artère unique de desserte, sature et craque sous la pression.
Le projet d’une voie de contournement d’Agadir vers Taghazout a été évoqué à plusieurs reprises, mais n’a toujours pas vu le jour, entre temps les habitants d’Ourir, commune de plus de 50 000 âmes, paient déjà le prix fort. Chaque déplacement vers leur domicile se transforme en chemin de croix, aggravé par la fermeture provisoire de certaines routes parallèles. « Nos journées sont dictées par les bouchons », soupire un commerçant local, obligé de rallonger ses trajets de plusieurs kilomètres pour contourner la congestion.
À cette galère s’ajoutent des effets collatéraux inquiétants : hausse de la consommation de carburant, multiplication des accidents et tensions récurrentes entre automobilistes. On assiste même à une dégradation du climat routier, avec des disputes de plus en plus fréquentes, parfois violentes, au point de paralyser totalement la circulation. En témoigne une vidéo relayée ce dimanche 17 août par plusieurs internautes, où une simple altercation entre un chauffeur de taxi et un automobiliste a dégénéré en véritable match de boxe en pleine voie publique.
Dans une région qui incarne le rêve balnéaire du Maroc, ce contraste frappe de plein fouet. La côte d’Agadir-Taghazout, vitrine touristique et culturelle, se retrouve aujourd’hui otage de sa propre attractivité. Tant que la promesse d’une mobilité fluide reste lettre morte, la mer demeurera à portée de vue… mais souvent hors d’atteinte.

