Le gouvernement marocain active un nouveau dispositif d’appui face à la flambée des prix des carburants et à ses répercussions sur le pouvoir d’achat. Dès ce jeudi, les professionnels du transport bénéficient d’une aide directe de 3 dirhams par litre de gasoil et d’essence, calculée sur la période allant du 15 mars au 15 avril. En parallèle, l’État prend en charge une part importante du coût du gaz butane et maintient inchangés les tarifs de l’électricité, dans un contexte international marqué par des tensions persistantes sur les marchés énergétiques.
Lors de la conférence de presse tenue à l’issue du Conseil de gouvernement, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a détaillé ces mesures en soulignant leur dimension sociale et économique. L’objectif affiché consiste à atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les ménages et les acteurs économiques, tout en évitant une transmission brutale de ces hausses vers les consommateurs.
Le soutien destiné au secteur du transport concerne l’ensemble des catégories professionnelles, qu’il s’agisse du transport scolaire, du transport urbain, du transport mixte ou du transport de marchandises. Le mécanisme mis en place, affiné après les expériences des années 2022 et 2024, vise à garantir que l’aide parvienne directement aux bénéficiaires. Le coût mensuel de cette mesure est estimé à 648 millions de dirhams.
Dans le détail, cette aide correspond à un effort visant à compenser les effets de la hausse enregistrée à partir du 15 mars. Elle permettra aux professionnels de fonctionner dans des conditions proches de celles d’avant la crise, selon les explications du responsable gouvernemental. Les services du ministère ont déjà engagé les procédures de transfert pour assurer un versement rapide aux transporteurs.
Au-delà du secteur du transport, l’État poursuit son intervention sur d’autres segments stratégiques. Le maintien du prix du gaz butane, notamment la bonbonne de 12 kilogrammes, représente une charge importante pour les finances publiques. La contribution de l’État atteint désormais 78 dirhams par bouteille, contre environ 30 dirhams auparavant, soit un effort supplémentaire de 48 dirhams pour stabiliser le prix. Cette mesure représente à elle seule environ 600 millions de dirhams par mois.
Autre levier d’intervention, la stabilisation des tarifs de l’électricité. Le gouvernement a décidé de ne procéder à aucune augmentation, malgré la hausse des coûts de production liée aux variations des marchés internationaux. Cette politique de maintien des prix implique un effort budgétaire estimé à 400 millions de dirhams par mois.
Ces choix interviennent dans un contexte marqué par une envolée des prix de l’énergie. En mars, le baril de pétrole a atteint en moyenne 100 dollars, enregistrant une hausse de 44 % par rapport aux niveaux observés avant le déclenchement du conflit international. Dans le même temps, le gasoil a progressé de 75 %, le gaz naturel de 54 %, le fioul de 60 % et le charbon de 21 %. Ces hausses impactent directement la production d’électricité et, plus largement, l’ensemble des chaînes de valeur économiques.
Fouzi Lekjaa a rappelé que ces fluctuations ne concernent pas uniquement le prix brut des matières premières, mais aussi les coûts liés au transport maritime et aérien, ce qui amplifie leur répercussion sur l’économie nationale. Face à cette situation, l’exécutif affirme suivre de près l’évolution des marchés afin d’adapter ses réponses en fonction des besoins.
Dans cette logique, le chef du gouvernement a réuni les différents départements ministériels afin de coordonner les mesures à prendre. L’approche retenue repose sur une combinaison d’interventions ciblées destinée à préserver la stabilité économique tout en soutenant les secteurs les plus exposés.
En s’engageant sur plusieurs fronts, carburants, électricité et gaz, l’État marocain mobilise des ressources budgétaires importantes pour amortir le choc de la crise énergétique. Une stratégie qui traduit la volonté de préserver la cohésion sociale et d’éviter une dégradation trop marquée du niveau de vie des citoyens.


