Le neurobiologiste marocain Aziz Moqrich a reçu deux distinctions majeures en France, en l’espace de quelques jours, pour ses travaux pionniers sur la douleur. Ces récompenses couronnent plus de vingt ans de recherche et ouvrent la voie vers des antalgiques plus ciblés et moins dépendants des opioïdes.
Le 9 décembre dernier, au Collège de France, Aziz Moqrich s’est vu décerner le Prix Axel Kahn dans la catégorie « Recherche fondamentale ». Attribué par la Ligue contre le Cancer, ce prix honore des travaux à l’interface des neurosciences, de l’immunologie et de la génétique. Selon l’institution, ces recherches « font naître l’espoir d’antalgiques plus ciblés, plus sûrs ».
Quelques jours plus tard, le 17 décembre à la Maison de la chimie, le chercheur recevait la médaille de l’innovation 2025 du Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Cette double consécration souligne l’impact potentiel de ses découvertes pour des millions de patients.
Le cœur des travaux d’Aziz Moqrich et de son équipe réside dans l’étude d’une protéine mystérieuse, la TAFA4. Identifiée comme une pièce fondamentale du système nerveux périphérique, cette protéine joue un rôle clé dans l’atténuation naturelle de la douleur. L’objectif est désormais de traduire cette connaissance fondamentale en traitement.
Pour y parvenir, le neurobiologiste a franchi le pas de l’entrepreneuriat en créant une start-up. Celle-ci développe un nouvel antidouleur basé sur les dérivés peptidiques de la TAFA4. « Les premières données issues des essais cliniques chez des volontaires sains montrent un excellent profil de sécurité », indique le CNRS. Les premiers essais sur des patients chirurgicaux pour évaluer l’effet antalgique sont désormais lancés, avec des résultats attendus dès 2026.
Aziz Moqrich, qui avait déjà reçu le Trophée « Marocains du Monde » en 2019, est un chercheur de renommée internationale. Auteur de 43 publications dans des revues prestigieuses comme Neuron et Nature Neuroscience, il a aussi co-présidé un panel de l’Agence nationale de la recherche française et intervient comme expert en Belgique. Son parcours est jalonné de prix, dont celui de la Fondation Unité Guerra en 2016 et le Trophée de l’innovation SATT en 2022.
Ces deux distinctions françaises récentes ne célèbrent pas seulement un parcours individuel. Elles mettent en lumière la vitalité de la recherche biomédicale sur la douleur et le potentiel d’une approche pluridisciplinaire, où neurosciences et immunologie convergent pour imaginer la médecine de demain.

