Alors que six ressortissants français ont été arrêtés par Israël à bord d’un navire humanitaire en route pour Gaza, seuls deux d’entre eux ont consenti à une expulsion immédiate vers la France. Les quatre autres, parmi lesquels figure l’eurodéputée Rima Hassan, ont refusé les conditions posées par Tel-Aviv.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé ce mardi 10 juin que deux Français, un journaliste d’Al Jazeera et un médecin, avaient signé un formulaire d’expulsion, leur permettant de regagner le territoire national dans la journée. Les autres seront présentés devant un juge israélien, faute d’avoir accepté de reconnaître une entrée illégale sur le sol israélien, condition imposée par les autorités pour autoriser leur libération.
Parmi les réfractaires, la militante franco-palestinienne Rima Hassan. Selon des sources proches du dossier, elle aurait refusé de parapher le document, au même titre que trois autres militants français. Leur position : contester le cadre légal de leur arrestation, survenue selon eux dans les eaux internationales, alors que leur navire participait à une action destinée à dénoncer le blocus imposé à la bande de Gaza.
Greta Thunberg just departed Israel on a flight to Sweden (via France). pic.twitter.com/kWrI9KVoqX
— Israel Foreign Ministry (@IsraelMFA) June 10, 2025
Greta Thunberg, également présente sur le voilier parti d’Italie début juin, a pour sa part atterri ce mardi à l’aéroport de Roissy. À sa descente d’avion, l’activiste suédoise a affirmé avoir été « kidnappée en pleine mer » et transportée contre son gré en Israël. Elle insiste sur le fait que l’équipage « n’a enfreint aucune législation » et que Gaza, leur destination, ne relève pas juridiquement du territoire israélien.
Du côté de La France insoumise, la solidarité est de mise. La députée Clémence Guetté a dénoncé un « chantage inacceptable » de la part des autorités israéliennes, affirmant que les militants n’ont jamais eu l’intention d’entrer en Israël, et rappelant que le but du convoi était purement humanitaire.
L’Élysée a réagi avec fermeté. Le président Emmanuel Macron a condamné la situation comme « inacceptable », fustigeant le « scandale » que représente le blocus humanitaire à Gaza. Il a assuré que Paris avait transmis les messages nécessaires à Israël pour garantir la protection de ses ressortissants et leur retour en sécurité.
Des milliers de personnes ont manifesté lundi soir un peu partout en France, à l’appel de plusieurs formations de gauche, pour réclamer la libération immédiate des militants détenus. Sur place, l’équipe diplomatique française à Tel-Aviv reste mobilisée, en lien permanent avec les concernés et leurs familles. Des appels ont été passés aux proches au cœur de la nuit, selon le Quai d’Orsay.
Enfin, face à certaines critiques politiques, Jean-Noël Barrot a dénoncé les campagnes de désinformation visant les services diplomatiques français, rappelant que toutes les démarches avaient été engagées « dès les premières heures ».

